‹ Études sur l'antiquité grecqueChapitre 31 sur 121 · Platon, RépiihL, II, p. :i6i E. Cf. p. 336 A · texte numérisé non relu

Platon, RépiihL, II, p. :i6i E. Cf. p. 336 A

3. La leçon Xùo-tv Trpoyôvwv àôefAt'ffTwv dans Orphica, fr. 208, 3 Abel, me laisse un doute. Le morceau semble demander quelque chose de plus g^énéral. [Voir maintenant Tannery dans Rev. dephiloL, 1899, p. 126. |

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86 KTL'DKS SUR l'aNTIQUITÉ GRECQUE.

dant il faut se garder de généraliser. La littérature et les inscriptions funéraires attestent les opinions les plus diverses. La crainte, Tespérance, le doute, la négation de Tautre vie se partagent le peuple comme les philosophes.

Cette indécision, ce mélange d'opinions diverses qui divisaient la société antique, qui se combinaient quelquefois confusément dans le même esprit, se retrouvent dans la description des Enfers que nous a laissée le grand poète latin : il n'y a pas lieu de s'en étonner, il ne pouvait presque en être autrement. Il est vrai que l'on a récemment essayé de mettre Virgile d'accord avec lui-même et de prouver qu'une seule et même conception dominait tout le sixième livre de Y Enéide ', mais cette tentative ingénieuse n'aura sans doute convaincu que peu de lecteurs. Il convient d'abord de se demander quel était le but de Virgile en composant ce livre. On répondra qu'une descente aux Enfers était depuis YOdijssée un épisode presque obligé de toute grande épopée et que Virgile voulait à son tour orner son poème d'un tableau aussi intéressant. Sans doute ; mais ce motif général n'exclut pas une intention particulière. Pour l'auteur de la Nsxui'a de VOdyssée, ce motif particulier avait été d'introduire dans le poème ceux des compagnons d'Ulysse qui n'étaient plus en vie et qui ne pouvaient y figurer directement comme Nestor et IMénélas. Si VOdyssée regarde en arrière, VEnéide au contraire regarde en avant, et

1. E. Norden, Vergilstadien, dans Hermès, XXVIII (1893), p. 360-406.

LA CHOVANCE A l/lMMOUTALIÏK DE l'aMK. 87

son héros n'est vraiment intéressant que par le peuple dont il prépare l'avènement, les maîtres du monde qui descendront de lui. Le poète nous mène dans la Rome d'Évandre, ce rudiment de la Rome à venir; de même, il nous fait passer en revue les ombres des grands Romains à naître, et, les dominant toutes, celle de cet autre Énée, qui, comme le chef de sa race, combattra ciini Penatibus et magnis DisK Là est la grande nouveauté des Enfers virgiliens. Afin de la rendre possible, le poète ne pouvait faire autrement que d'employer le dogme pythagoricien de la métempsycose. Pour le reste, il avait l'avantage de mettre en œuvre des idées beaucoup plus répandues. La croyance aux peines et aux récompenses et aux séjours distincts qui y répondent était devenue populaire. Mais avant l'endroit où la route bifurque vers la droite et la gauche, Virgile place un autre séjour, comparable, si l'on veut, aux limbes de l'Église, très particulier cependant et difficile à définir. Là se trouvent les âmes des enfants morts en bas âge, les âmes des hommes condamnés à mort injustement, celles des suicidés, des victimes de l'amour, des victimes de la guerre. On s'attendait à voir dans ce troisième séjour les âmes moyennes, ni tout à fait vertueuses, ni tout à fait vicieuses ; mais on ne saurait identifier les cinq catégories si particulières que nous venons d'énumérer avec cette classe moyenne, formée par le commun des mortels. Il est question ailleurs d'une classification qui a plus

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