Cf. Servius ad .En., VI
2. Diodore, V, 79 : 'Pa&â[jLav6*jv Se Xéyo-Jdi... toïç X-r,a-Taï? xal à'jzfji'ji -/.al 70?; ot/Xotç -/ay.o-jpYOi; à7îapa''Tr,Tov âvsvriyévat Ttaojpî'av.
94 KTUDES SUIÎ l'aNTIOUITÉ GRKCyUE.
il est vrai, des idées stoïciennes dans le morceau célèbre sur la nature ignée des âmes individuelles, émanations de Tàme du monde, qui ont été corrompues par la contagion du corps et ont besoin, après la mort, pour revenir à leur pureté primitive, de subir toutes sortes de traitements douloureux. Mais on sait que l'éclectisme suivit de près la production des grands systèmes philosophiques, et M. Norden pense avec raison que Virgile avait sous les yeux un poème (contentons-nous de dire un écrit) néo-pythagoricien, dans lequel ces théories venues du Portique étaient déjà combinées avec les vieux dogmes de la secte. Ces mêmes théories sont simplement signalées dans les Géorgiques comme particulières à certains penseurs [quidam dixere). Virgile fînit-il par les faire siennes ? Je ne sais trop, mais il se sentait certainement attiré par leur élévation et leur beauté. Si elles ne sont pas absolument en désaccord avec le reste du Vl'^ livre, elles planent cependant en l'air. Parmi les différentes localités qui y sont décrites, aucune n'est destinée à la douloureuse purification des âmes.
Quant à la métempsycose, il ne faut pas y regarder de trop près, ni poser des questions indiscrètes. Comment se peut-il que tant d'àmes attendent près du Léthé pendant des siècles, quelques-unes même durant toute une période millénaire ? Quand donc ont-elles subi les châtiments salutaires ou joui du séjour de l'Elysée?- L'imagination se plaît à prêter aux ombres des défunts la ressemblance des vivants, mais conçoit-on que des âmes portent d'avance les
LA CROYANCE A l'iMMORTALITÉ DE l'aME. 95
traits des corps dans lesquels elles ne sont pas encore entrées? Le lecteur ne s'aperçoit pas de ces inconvénients, et le poète ne pouvait les éviter sans se refuser à la fois la plus grande et la plus belle nouveauté de ses enfers. Pour y faire entrer la Rome à venir, il fallait, nous l'avons dit, recourir à la métempsycose. Le poète en avait un si grand besoin pour arriver à ses fins, qu'on ne me persuadera pas que l'homme ait réellement adopté une croyance aussi particulière. Jusqu'à quel point faut-il prendre au sérieux les autres parties du VP livre ? Nous n'osons rien affirmer. Elles sont peut-être trop incohérentes pour être regardées comme l'expression de convictions profondes ; ce sont plutôt de séduisantes conceptions poétiques, destinées à agir puissamment sur les esprits à mesure que grandissait l'autorité de l'épopée nationale.