‹ Études sur l'antiquité grecqueChapitre 37 sur 121 · Hérodole, III · texte numérisé non relu

Hérodole, III

ne croit pas non plus que des idoles se soient agenouillées pour résister à leurs ravisseurs '. Quand il rapporte que les Perses raillent les peuples qui construisent des maisons à leurs dieux et y consacrent leurs images, « apparemment parce qu'ils ne pensent pas, comme les Hellènes, qu'ils aient figure humaine - », l'historien semble approuver les Perses et partager le sentiment de Xénophane. La Thessalie, lit-on ailleurs chez lui, était jadis un grand lac, jusqu'à ce que Poséidon ouvrît une issue aux eaux du Pénée : « Voilà ce que disent les Thessaliens, et cela est probable. Car ceux qui croient que Poséidon ébranle la terre et que les effets des tremblements de terre sont l'ouvrage de ce dieu, doivent aussi lui attribuer cette fissure des montagnes : car elle est, ce me semble, le produit d'un tremblement de terre'. » Thucydide admire le génie de Thémistocle et de Périclès, cette haute intelligence qui leur permettait de prévoir l'avenir ; mais il prend en pitié les devins et la foule crédule qui se laisse tromper par leurs prédictions ; s'il remarque qu'une fois pendant la guerre du Péloponnèse, une seule fois, ils ont rencontré juste, c'est que, comme Voltaire, il ne leur accorde pas, ce me semble, le privilège de se tromper toujours *. La doctrine rationaliste est admirablement formulée dans les écrits de l'école d'Hippocrate. Rien n'est plus célèbre que le passage du traité des Airs, où il

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