‹ Études sur l'antiquité grecqueChapitre 44 sur 121 · Stromateis, VI, p · texte numérisé non relu

Stromateis, VI, p

1. Ihid., p. 642, A. Tt èo-TLV r, ÙTrÔTïtcpo; 5pC; y.al to ètt' a-jf/j

124 KTIDES SIR l'antiquité GRECQUE.

deries proprement dites. Le morceau ne se trouvait pas dans la cosmogonie de Pliérécyde, mais dans son récit du mariage de Zeus et d'Héra. Le hasard nous a bien servis. Le mariage de Zeus et d'Héra, appelé le mariage sacré (îspôç '{y.'j.rjç , tenait une grande place dans les religions de la vieille Grèce. Il passait pour le premier mariage légitime conclu dans le monde, le type sur lequel se modelèrent ensuite les usages observés dans les mariages humains. Il est temps de mettre sous les yeux du lecteur le texle grec de la première colonne, avec la traduction française en regard '.

Tw. 7ro'.o-j(7tv xà ci!-/.[;'ja [Ils leur construisent une

7to).Xâ TE y.al iif^yla.. demeure etj y l'ont des appar-

'EttcI Sk -ra-jTa èEeté- tcments nombreux et grands.

).£(7av Ttivra xal xpr,- Or quand ils eurent ter-

5 [xatx y.al ÔcpiTTovTa; miné tous ces travaux et

/.xl ôîpaTcai'va; y.al fabriqué aussi les meubles et

-yj.'/.T. orja oï: Tvivta, les serviteurs et les servantes

Itzû or; Tràvra ÏTot- et tout ce qu'il faut, quand

u.a vr/vâ-ai, tov ji- donc tout est prêt, ils

10 aov TToic'jatv. KaTtS'.- font les noces.

or, rpiTr, ■/•([J-cpr, v;'- Et lorsque vient le

•r/E-oLi -ïtin yâjAw., ro- troisième jour après les noces,

TS Zâ; TïO'.ît ç5po; ijlé- alors Zàs fait un voile

ya T£ y.al y.a/,6v, y.al j^-rand et beau, et

15 âv a-jrc5[t] iro ty.[tÀ/£i yy; il y brode la terre

xal à)vr|[vôv y.al -rà ù>- et le fleuve Océan et

-('r,voO ôâc-iJ.aTa [?]. . . , les bras du fleuve.

Quel est le sujet de -oio^i^iv ? les parents des dieux qui vont s'unir ? ou bien les Dactyles ? ^ Quels que soient

1. Ce morceau est bien conservé. Je fais seulement remarquer qu'à la ligne 8 j'ai cru devoir écrire èttsI or, en deu.x mots, ce second éttî; reprenant le premier é~ti (1. 3).

2. Ce n'est pas que j'entende revendiquer pour Phérécyde de Syros le fr. 7 de l'historien Phérécyde. Il est avec raison attribué à ce dernier.

ces ouvriers, ils ne se bornent pas à élever les nombreuses constructions {olyj'y.) dont se composait une demeure princière et à les meubler de tout ce qu'il faut dans un ménage; ils fabriquent aussi, ce semble, les serviteurs et les servantes. C'est ainsi que, chez Homère, Héphcestos se fait soutenir par deux suivantes qu'il a forgées pour son usage, et que le même dieu donne à Alkinoos des chiens immortels d'or et d'argent pour garder sa maison ^

Le troisième jour, c'est-à-dire le surlendemain, du mariage, la mariée se montrait la première fois sans voile. Delà le nom d'àvaxxXuT:T-/,ç,ta, que l'on trouvera plus bas, et qui désignait et cette journée et les cadeaux que la jeune femme recevait alors. On hésitait entre le lendemain et le surlendemain : car les grammairiens grecs ne s'accordent pas sur le jour des àvaxxXuTTTTÎçta. La question paraît tranchée par Phérécyde. Le cpaooç offert à cette occasion par Zeusà Héra peut être un vêtement ou un tapis; les éditeurs entendent une couverture de lit^

La disparition des lignes suivantes nous laisse une énigme à deviner. Quel rapport pouvait-il y avoir

i. Homère, IL, XVIII, 417 sqq. ; Od., VII, 91 sqq.

2. Les broderies représentaient la terre, l'occan et, s'il faut s'en tenir au texte de Clément, la demeure d'Océan, ■za. 'Clyr^'^ox) Sw^taTa. Cette leçon m'est suspecte depuis long^temps. La maison d'Océan se comprendrait à côté du dieu Océan ; mais ici il faut entendre par (ôy/ivô; l'élément, le fleuve qui entoure la terre. Aussi n'est-il pas question dcTst Fr,; &wjj.aTa. Je crois c[u'il faut écrire xâ ô)-'f';'io~j SiTu.aTa. Une glose d'Hésychios porte ôâffjjiaTa- &t«!j.îpti7[j:aTa, et Ptolémée {Géogr., p. 410, G! dit, en parlant des bras de l'Indus, rcap'a tôv 6iatJi£pta[j.bv Toiv CTToiJ.àTtov. IciTa ojyrivoû oy.<j\i.-xzy. désignerait l'Achéloos et les autres fleuves <jui dérivent de l'Océan.

l'2(\ KTUDES SIR l'aNTIOLITÉ GRECQUE.

entre le chêne ailé el le lissu brodé par Zeus? Les éditeurs sont d'avis qu'il n'y en avait aucun. Ils supposent que le chènc ailé figurait plus haut dans la cosmogonie, où il aurait porté un autre 'y5.Do; tte-o'.x'.ÀaÉvov. On admettra difficilement la mention, dans le même ouvrage, de deux tissus brodés, le premier jeté sur le noyau de la terre par manière d'allégorie; le second réel, orné de broderies proprement dites, représentant la terre et l'élément liquide. Ajoutons le témoignage de Maxime de Tyr. Ce philosophe énumère les choses qui l'ont frappé dans Phérécyde, en se conformant, ce semble, à Tordre où elles se suivaient dans le livre. Or, il rapproche l'arbre du vêtement, et il les place, non dans le récit des origines du monde, mais après la bataille des dieux, la victoire des Kronides sur les Ophionides'. Xous voilà fort embarrassés. La toison d'or était, il est vrai, suspendue à un arbre ; mais on n'imagine pas pourquoi il en aurait été de même d'un vêtement qui devait servir à Héra, et on ne voit pas non plus pourquoi l'arbre aurait été ailé. Je ne prétends pas donner la solution de cette difficulté ; voici cependant l'idée qui m'est venue. Le cadeau de Zeus ne pouvait-il pas être apporté par un chêne ailé ? L'invention est étrange, il est vrai, et demande à être expliquée: il faut qu'il y ait eu, dans les cérémonies des fêtes où Ton céléljrait le mariage d'IIéra, quelque chose qui pût suggérer pareille invention. Malheureusement,

1. Maxime de Tyr, X, 4 : ïôv Zf|Va -/.ai Tr,v X6ovtr,v xocl tôv èv To-jTOîç "Epwra /.al Tr,v 'Otpiovsw; YÉvsa-'.v y.al tT|V Ôewv \iiyr^^ v-oàto. 6 £ V S 0 0 V y. a l T ô V TV ï îi À 0 V .

PinînÉCYDE DE SYROS. 127

nous sommes très mal informés de ces cérémonies.

Pausanias nous apprend qu'à Élis seize femmes^ choisies dans les huit tribus de la cité, offraient tous les quatre ans un yàpo; à la déesse Héra', il n'en dit pas plus long. D'un autre côté, nous savons que le magnifique péplos, brodé par les Athéniennes à l'usage de Pallas et solennellement offert à la déesse dans les Panathénées, était attaché comme un voile au mât d'un navire que l'on roulait vers le temple. Il n'est pas impossible que le même rite ait été observé à Elis ou dans les grandes fêtes célébrées en l'honneur d'Héra à Argos ou à Samos. Cela expliquerait jusqu'à un certain point l'arbre ailé où se trouvait attaché le péplos de Phérécyde. Quoi qu'il en soit, le chêne ailé avait certainement sa place dans le récit du mariage sacré. Ainsi s'évanouissent les combinaisons spécieuses fondées sur le texte de Clément d'Alexandrie; cela est bien dommage.

Arrivons maintenant à la deuxième colonne.

1 yàp crso to-j; yâu.o-j[ç « Car je veux que les mariages

Eivaf To-j-rwt ffc Tt(x[(o. soient ton lot : je l'honore ainsi.

H-j ùé [1.01 ■/%'. pt -/.ai T-J['j-]- Et maintenant, vis en joie, et

tffOt. sois ma compagne. »

Ta-jTi çaTiv àv[a- C'étaient là, dit-on,

xaX-jTTTTipta TrpàJTov les premiers anacalyptèrex,

Y£V£o-6at • £7. tù-jto-j S [ï et de lu

ô VOU.O? èY£v£[T]o xal vint la coutume établie pour les

bsoïn: y.al àv65[w7i]ot- dieux comme pour les hommes.

171V. Il ôk u;

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