‹ Études sur l'antiquité grecqueChapitre 46 sur 121 · Ethique Nicom., X, JO · texte numérisé non relu

Ethique Nicom., X, JO

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qu'on y vit à la façon des Cyclopes de VOdyssée, qui rendaient la justice à leurs enfants et à leurs femmes ' . La diversité des exercices et des méthodes qui résultait de ce système est une des difficultés inhérentes à cette matière. Cependant, à défaut de la loi, la tradition, la routine, amenait une certaine uniformité qu'on ne saurait méconnaître.

M. Girard a su éviter les écueils de son sujet ; il a scrupuleusement distingué les époques, et il s'est interdit de préciser le tableau de l'éducation athénienne au V et au iv" siècle au moyen de détails empruntés à d'autres temps. Quant à marquer, à côté des traits généraux de l'enseignement, les procédés divers qui pouvaient varier de maître à maître et d'école à école, il n'était guère possible d'y penser llans l'étal de pénurie de nos renseignements. Mais notre auteur a fort heureusement complété les témoignages littéraires par ceux de l'archéologie. Les monuments figurés, qui ofTrent une image de toute la vie des anciens, mettent aussi sous nos yeux les jeux, les exercices, les études des enfanté et des jeunes gens; ils nous font connaître de visu jusqu'au matériel scolaire, et peuvent ainsi servir à animer ce qu'il y a de général et d'abstrait dans les données fournies par les écrivains. M. Girard connaît à fond les vases peints et en a tiré le plus heureux parti. Les descriptions qu'il en fait, autant et plus que les figures insérées dans le texte, sont des illustrations qui reposent agréablement le lecteur tout on l'instruisant.

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l'éducation athénienne. 135

Dans les premières années de la vie, l'enfant était entre les mains des femmes et restait dans le gynécée. La mère, la nourrice (titOt,), la gardienne (xpocpôç), l'allaitaient, le berçaient, l'amusaient par des chansons, plus tard par des contes. Ce que l'on sait à ce sujet de l'antiquité ressemble à ce que l'on voit aujourd'hui. Alors déjà les uns emmaillotaient le nourrisson, les autres lui laissaient le libre usag-e de ses mouvements. Cette dernière méthode, la méthode anglaise, était celle de Lacédémone. Les jeux des enfants aussi, sur lesquels nous sommes renseignés en détail, étaient les mêmes dans tous les temps. Le ballon, la poupée, amusaient et exerçaient les enfants de la vieille Grèce, comme ceux de notre temps. On dirait que la nature elle-même marque de caractères immuables les premières manifestations de la vie, toujours et partout les mêmes, comme le premier langage, qui est celui des signes. Les jeux, les ébats des enfants sont représentés avec une vérité naïve sur un grand nombre de monuments figurés. L'étude de ces monuments suggère à I\L Girard cette observation générale^ : « L'enfant d'ordinaire n'est pas, pour l'Athénien, un objet de réflexion; il ne l'entoure pas d'une solhcitude inquiète ; il n'interroge pas d'un regard anxieux sa destinée. Tandis qu'il est, pour nous, l'avenir avec ses hasards, tandis que, derrière lui, nous entrevoyons l'homme, aux yeux des Athéniens c'est un être joyeux, qui s'épanouit au soleil et ne suggère à ceux qui l'entourent ni pensée mélan-

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