Pindare, Pylh., IV
2. Voir un article de M. Salonion Reinach dans le Bulletin de correspondance hellénique, 1S89, p. 375 et siiiv.
3. Platon, Lois, VIT, p. 819, D : 'Ilta/jvÔriV ts o-jy -jTtkp âixauTow fj,ôvov, à)>),à xal imïo àTràvTcov Tôiv 'EXÀyjvwv.
Quelques vers d'un vieux poète tragique témoignent de cette ignorance et viennent à l'appui de la critique du piiilosophe '.
Celte éducation, dont nous nousbornons à retracer ici les contours, en renvoyant pour les détails à l'attachante exposition de M. Girard, est bien celle d'un peuple artiste. Dans la vieille Grèce, les poètes et les musiciens, un peu plus tard aussi les peintres, élevaient la jeunesse. Ils développaient en elle le sentiment du beau, du beau sensible d'abord et surtout, ensuite aussi, dans une certaine mesure, du beau moral. Dès l'enfance, le bien se présentait aux Grecs sous l'aspect du beau. La langue l'atteste assez; TÔ X7.XÔV désigne, même chez les philosophes, la plus haute règle de conduite. On peut dire que c'est la gymnastique qui forme le côté pratique, directement utile, de ce système d'éducation. On connaît les deux frères opposés par Euripide dans une de ses tragédies : l'un, qui ne voit rien au-dessus de l'utile, des intérêts matériels, vante les exercices qui donnent au corps la force et l'agilité ; l'autre, qui a des sentiments nobles et délicats, qui prise l'intelligence, cultive la musique et la poésie.
Celte éducation si simple et si belle, que les Grecs s'étaient donnée inslinclivement avant qu'elle fût réglée par les législateurs et les penseurs, avait cependant ses côtés faibles, ses dangers, tenant les uns à sa nature même, à ses principes, les autres à certains excès qu'on ne sut pas toujours éviter. Parlons