‹ Études sur l'antiquité grecqueChapitre 57 sur 121 · Hernies, XXXIV (1899), p · texte numérisé non relu

Hernies, XXXIV (1899), p

Faulhenticité des Élégies, nous examinerons d'abord la première. Nous laisserons de côté les Chansons de marche (l[ji.SaT-/,o'.aj en mètre anapeslique. Elles ne sont pas en cause : citées la plupart du temps sans nom d'auteur, leur attribution à Tyrtée est des plus douteuses. Les deux critiques ne s'en sont pas autrement occupés ; ils admettent, je suppose, qu'elles remontent à une antiquité respectable. Pour ce qui est des Élégies (je prends ce mot dans son sens antique), il nous en reste trois morceaux d'une certaine étendue et plusieurs fragments de peu de vers. Il était naturel de juger de l'ensemble sur les longues tirades. Il convient cependant de ne pas oublier que ces timdes sont citées par Lycurgue et par Stobée. L'orateur athénien veut donner à ses concitoyens une leçon de patriotisme ; l'auteur du Florilège a cherché des morceaux à insérer sous les rubriques De la guerre et Du courage. L'un et l'autre ont dû choisir ce qu'il y avait de plus général, de plus lieu commun. Si nous voulions juger des tragiques grecs par les sentences et les tirades que leur emprunta le même Stobée, nous en jugerions très mal. Les courts fragments de Tyrlée qui nous ont été transmis par des historiens donnent une idée toute différente de ces poésies. Tout y est précis, se rapporte à un lieu, à un temps déterminé : Zeus a donné ce pays aux Héraclides, Apollon a dicté ses vieilles institutions, le roi Théopompe a conquis la IMessénie après vingt années de combats acharnés. Les habitants, semblables à des ânes accablés de lourds fardeaux, ont été réduits à une dure servitude, forcés de

donner à leurs maîtres la moitié de tous les produits de leur terre'. Pour mieux marquer encore Tignomfcie de leur condition, quand les maîtres venaient à mourir, ils durent les pleurer, entonner avec leurs femmes les lamentations funèbres. Le pays à reconquérir est plantureux, bon à labourer, bon à planter d'arbres et de vignes. Cependant, la lutte se prolongeant, les soldats de Sparte étaient découragés; un jour, pour les empêcher de fuir, on les rangea en ordre de bataille avec un grand fossé à dos. Si nous savons que Tyrtée parla de ce fait, c'est par le plus grand des hasards : nous devons le renseignement à un scholiaste d'Aristote -. On peut donc croire que, si nous avions toutes les Elégies, nous y trouverions la mention de plusieurs autres faits.

Les grands morceaux mêmes, malgré leur caractère général, ne sont pas tout à fait dépourvus de traits particuliers et précis. « Vous avez connu des défaites et des victoires, dit le poète aux guerriers, vous savez par votre propre expérience qu'à combattre vaillamment on perd moins de monde qu'à fuir^. » Ailleurs '% il leur reproche leur conduite antérieure et leur crie de ne plus ménager leur vie {'i/u/écov \i:r^y.i-z:

1. "ti-TTtEO ovo; [Jiïyà/o'.(7' a/0î'7t T£ipô[/.£voi, | ôecr-oo-jvoto-t ç£povTEÇ àvay/air,; -I/tto X^yor,; | 'r^\x'.'j-j uavrô; otov y.apTTÔv à'ooy;a îpépet.

2. Aristote, Elh. Xicom. III, 8, p. 1116i> : Oi Tipb tûv Txopwv y.al Twv toioÙtwv TrapaTàTTOvriç. Scholie d'Eustrate : Toûto Ttsol AaxESatjAovuov XsyoïT' av Toia-j-'/iv yâp -iva ij.ày riv, ors npô; Mect- (7r|Vto-j; £(j.a/£ffavTO, è7ro)i[xo-jv (lire : ÈTtùXÉfjLo'Jv, ètj.a/Éo-avTo\ rj; y.al ô Txjp-OLÏoz (Ji.vr,[/.ov£-Jci.

Page 1