‹ Études sur l'antiquité grecqueChapitre 61 sur 121 · I. Tyrtée, fr. IX, I-IO · texte numérisé non relu

I. Tyrtée, fr. IX, I-IO

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memnon ne fléchirait mon cœur'. » Sans doute, V Ambassade, d'où sont tirés ces vers, n'appartient pas au corps primitif de V Iliade; on ne la jugera cependant pas plus récente que l'époque présumée de Tyrtée. Nous pourrions ajouter d'autres exemples. Que l'on relise le fameux passage du XVP livre de V Iliade, où Zeus assure qu'il est plus amoureux d'Héra qu'il ne l'a jamais été d'aucune de ses maîtresses; la formule oùB ' ôtcôte ou oùo ' ote y revient sept fois^. Les Hellènes étaient orateurs nés ; ils se servaient instinctivement de toutes les figures de rhétorique qui furent plus tard dénommées et classées par les rhéteurs.

Dans les vers cités un peu plus haut, le poète déclare qu'il ne fait aucun cas de la vertu athlétique, si elle n'est unie à la vertu guerrière. Ce sont là, dit M. Schwartz, les protestations de Xénophane et d'Euripide contre l'athlétisme, non les sentiments d'un vieux poète laconien. .Je ne puis rien voir de pareil dans les vers en question. Le poète ne médit pas des exercices gymnastiques, aussi peu que de la vigueur, de la beauté, de l'éloquence, de la richesse. Il ne dédaigne aucune de ces distinctions, tout en les mettant au-dessous delà bravoure guerrière. Une autre objectionmetouchedavantage.Aprèsavoirparlé des honneurs rendus au citoyen mort pour la patrie,, de sa gloire éternelle, il termine par ce dernier trait: « Quoique caché sous la terre, il devient immortel ».

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