‹ Études sur l'antiquité grecqueChapitre 71 sur 121 · IX (VIIÎ), 27 et suiv · texte numérisé non relu

IX (VIIÎ), 27 et suiv

2. Ib. 39 : i'xet' ['A(T(OTrb]v Trapà Tropcp'Jpootvotv, vers complété par Blass dans Litlerarisches Cenlralblatt, lt<97, nos 51 et 52.

vainqueur lui-même a dû être plus sensible aux vers charmants que lui consacre Bacchylide:

O fille du bouillant Asopos, maternelle Égine, cet enfant te donna une grande gloire, quand dans toutes les épreuves du pancrace il fit briller sa force comme un fanal au milieu des Hellènes. Elle s'enorgueillit avec toi, la vierge qui, la tète haute, à pas vifs et pressés, en bondissant légèrement comme une jeune biche insouciante, court vers la rive fleurie avec ses voisines, les nobles compagnes de ses jeux*.

Cette vierge était sans doute la sœur ou plutôt la fiancée du jeune vainqueur ^

Pindare nomme, dans sa première Olympique, le cheval victorieux Phérénikos. Bacchylide consacre à ce cheval une douzaine de vers :

Eos aux bras d"or vit près des larges eau.x de l'Alphéc, ainsi que dans l'illustre Pylho, la victoire du coursier rapide comme la tempête, Phérénikos à la blonde crinière. Ma main en prend la Terre à témoin, jamais cheval le devançant dans la carrière ne souilla de poussière son corps léger lancé vers le but. Semblable à l'impétueux Borée, il vole sans jeter bas son pilote, remportant de nouvelles couronnes pour Iliéron, le prince hospitalier^.

Cependantlaiamilledu vainqueur, quelquefois son maître de gymnastique, plus souvent encore la cité à laquelle il appartenait, reçoivent chez Bacchylide, comme chez Pindare, encore plus d'éloges que le vainqueur lui-même. Il n'en était pas froissé. A cette époque, le lien qui unissait les membres de la famille et de la cité était encore très fort; ils étaient solidaires les uns des autres, et l'individu ne comptait

1. XIII, 44-57 (77-90). Le texte étant mutilé) la traduction ne peut donner qu'un à peu près.

[2. Blass veut que ce soit Pallas Athéné.] 3. "V, 37-49.

guère que comme fraction de la communauté. Aussi la victoire ne lui appartenait-elle pas en propre: c'était la victoire d'Égine, de Plilionte, autant que de Pylhéas ou d'Automède. Dans la deuxième pièce du présent recueil, le poète, après avoir annoncé la victoire isthmique de son compatriote Argéios, rappelle aussitôt que l'île de Céos peut s'enorgueillir de soixante-dix couronnes obtenues par ses enfants dans les jeux de l'Isthme ' . Ailleurs il parle avec emphase des victoires olympiques qui illustrent sa pairie, en déclarant que la dernière est la plus glorieuse de toutes^ Dans la vieille Grèce, les temps héroïques avaient été entourés par la poésie d'une splendeur sans pareille. Les hauts faits des héros légendaires éclipsaient les actions plus authentiques rapportées par l'histoire ; rien ne flattait les Thébains comme l'éloge de Cadmos ou d'Hercule; les Athéniens, comme l'éloge de Thésée. Les villes étaient très chatouilleuses quand on touchait à la bonne renommée de leurs antiques héros. Les Éginètes en voulurent à Pindare d'avoir médit de Néoptolème, et le poète s'en excuse longuement dans une de ses odes^ Aussi les récits mythiques sont-ils le plus souvent empruntés aux traditions de la patrie du vainqueur. Les récits de cette espèce ne semblaient jamais un hors-d'œuvre

1. II, 4-10. Il faut écrire, avec Blass et Sandys, ApYEÏo[ç], non àoYîïo[v]. C'est là le nom de l'athlète chanté dans les deux premières odes, qui sont, l'une et l'autre, des Isthmiques. Les mots égôofjirr/.ovta ajv o-r£?avo'.(rtv se rapportent au nombre des victoires, non des chanteurs.

2. C'est ainsi qu'on doit entendre les neuf premiers vers du numéro VI.

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