Annuaire de l'Association des Etudes grecques
2. Celle interprétation est répandue en France et en dehors de France. Bernhardy [Grundriss der griecliischen Litleralur, I, § 1") définit ■Koir^cn: « ein freies Schalïen <>.
attachèrent quand ils donnèrent d'abord ce nom à ceux que la haute antiquité avait appelés chanteurs, àotooi'. En effet, le verbe ttoiéw a une signification trop vague, trop générale, pour qu'il soit permis d'en rien inférer sur la valeur réelle du substantif qui en est tiré. Homère dit' :
"A/Xo; 6' à'AÀo) à'psHî ((ewv atEiyîvîTâwv.
Le verbe pi^oj, qui est synonyme de ttoiéco, signifie ici sacrifier, offrir des victimes (péCstv ispâ). A ce compte, 7ro'.Y,TYjç aurait pu, à la rigueur, prendre le sens de sacrificateur. F. -A. Wolf ^ pensait que ce mot indiquait un travail laborieux : Ipsum hoc nomen poëtse, ignotiim oliin àotoo;;, vim liabel operosioris laboris. Nous ne prétendons pas remettre en honneur cette explication; elle tient sans doute à certaines idées chères à l'auteur et à son époque : on aimait alors à exalter la poésie populaire, toute naturelle, aux dépens de celle où il entre déjà plus d'art et de réflexion. Mais, au point de vue de l'étymologie, cette explication est aussi admissible que celle que l'on admet généralement et que d'autres qu'on pourrait proposer. Essayons de retrouver les vues des anciens Grecs à ce sujet.
Quand les Grecs parlent de la nature de la poésie, ils ne la donnent pas pour une création, mais pour une imitation, u.î[ji,r,c7iç ; telle est la théorie de Platon, d'Arislote, d'autres encore. Il est vrai que les philosophes s'écartent quelquefois des idées répandues