Wolf, Prolego-nena. ad Iloinerum, p. xlii, note
l'origine du mot « POÈTE ». "239
clans le peuple; mais, quand cela leur arrive, ils ont l'habitude de noter leur dissentiment et de combattre les opinions populaires. Or, quand ils déclarent que la poésie est une espèce d'imitation, ils semblent énoncer une vérité que personne ne conteste.
Hérodote se sert du mot 7:o'.y,tyj(; comme d'un mot usuel. De son temps et encore longtemps après, ce mot appartient exclusivement à la prose et à la poésie familière. Si on y avait attaché le sens de créateur, les poètes ne s'en seraient-ils pas fait honneur et ne l'auraient-ils pas employé aussi volontiers que le vieux nom d'ào-.oô; ou le composé jj-ouTOTrotô; qui est, en quelque sorte, l'équivalent poétique de 7:orr,T/jÇ?'
La question ne peut être résolue que par l'examen d'un certain nombre de locutions et de passages où figurent les mots 7:otT,TY,; et -zoUio. Les écrivains attiques disent souvent tto'.eîv [j,ûf)ov, mais parla ils ne veulent pas dire inventer une fable, mais mettre une fable en vers; c'est ainsi que Socrate dit dans le Phédon (ch. iv) que, pour obéir à un avertis.sement divin, il a mis en vers certaines fables d'Esope qui lui vinrent à la mémoire (ù'j; Trpo/stpouç e^ov xat ïjTr'.aTi-
[xTjV [JLÛ60'JÇ TOÙÇ AtaoJTTOU, TOUTCOV èTrCn'T,Cra Olç TTÛCOTOtÇ
£V£Tu;(ov). Cette locution est tout à fait usuelle. Ailleurs, Platon, en parlant des poètes qui traitent la fable de Niobé ou celle des Pélopides ou les traditions de la guerre de Troie, dit : 'Eiv xtç Tro-.r,... tx tyiç NiôSt,ç TtâÔY, 7) xà ITsXoTr'.oojv 7] T3C Tpouxà^. Aristote loue Homère
1. Euripide, Troy., 11S9. IlippoL, 1418. Hérodote écrit, II, 135, Tr|Ç [jLo-j(707roio-j. Le féminin TCOtr|Tpta est plus récent.