Voir Athénée, XIII, p. 604 A
2. Ce fragment se trouve dans une scholie sur le vers 872 de l'Oreste d'Euripide : j'en ai rétabli le texte dans la Revue de philologie, II (1878 , p. 84. — Cobet soutient dans laMnémosyne, XI (1883), p. 1-7, que les ouvrages d'Hécatée s'étaient perdus de très bonne heure et fui-ent remplacés, lorsqu'on fonda les grandes bibliothèques de l'antiquité, par des ouvrages pseudépigraphes. Voici son argumentation : le Tour du monde {Vf^; Titpiooo;) avait été déclaré non authentique par Callimaque : Erastosthène contesta ce jugement en invoquant la ressemblance de style qui rapprochait cet écrit des autres écrits d'Hécatée. Cobet retourne l'argument : puisque les autres écrits d'Hé-
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prose. Lysias, Isocrate, Platon' fournissent des exemples de cette façon de parler. Dans la charmante soirée de Chios, si agréablement racontée par Ion, Sophocle disait : « Périclès prétend que je sais faire des vers, mais que je ne m'entends pas à conduire une armée », liso'.xXsYp -Koiiiiv [Xz. £'.iYp fjTc.x'^T^'fiz.vjo'o'jy. l-t'cTairOa'. ". On peut rattacher à ce sens de -ouïv l'emploi particulier du substantif 7:oi'y,u,oc pour désigner non pas un poème, mais un vers : il est vrai que je n'en vois pas d'exemple antérieur à Denys d'Hahcarnasse^
Essayons maintenant d'expliquer l'origine du mot poète et l'usage, qui remonte aussi haut que les commencements de la prose grecque, de donner au verbe qui veut dïve faire le sens particulier de faire des vers. Anciennement les poètes s'étaient appelés chanteurs, àoiooi : c'est qu'ils chantaient encore eux-mêmes et étaient leurs propres interprètes. Mais, quand les compositionsdespoètes commençaient à être débitées par des rapsodes, des chanteurs, des chœurs, des acteurs, on éprouvait le besoin de distinguer les auteurs des exécutants. C'est à ces derniers que convenaient les noms de àoioo-', caj^woo-' ou bien uTroxsiTa'' ; les premiers s'appelèrent désormais 7io'.Y,Ta'', c'est-
catée, dit-il, ressemblaient tant à rouvrage du faux Hécatée, c'est qu'ils étaient faux eux aussi. C'est aller vite en besogne. Il est vrai que Cobet soutient ensuite que plusieurs fragments attribués à Hécatée doivent être postérieurs à Hérodote; mais ces fragments sont tous tirés du Tour du monde, aucun ne semble prov^enir des Généalogies.
1. Voir Lysias, Epilajihios, § 2. — Isocrate, Panég., § 186. — Platon, Rép., II, p. 383 A.