Cyrop., VIII
264 ÉTUDES SUR l'antiquité grkcque.
tons : tout cela est pour le mariage. » Ces dernières paroles s'adressent à un esclave qui se trouve dans l'intérieur de la maison de Gorgias. Le pluriel ct/Écoacv indique que Davus n'est pas venu seul; il est accompagné de camarades subalternes. Je le prends pour un intendant, un serviteur d'un rang supérieur au commun de la valetaille et d'une éducation plus soignée. Ce n'est peut-être pas sans intention qu'il est appelé ôspxTrojv, non oo~j1oç ou o!X£tY|Ç.
Les deux femmes se sont rapprochées de la maison de Gorgias. Davus les aperçoit et salue Myrrhiné.
41 'Q, x*''P^ TToXXâ, IM'jpptvv).
MT. <nà>vu xal o-j y[z\.
AA. O'j aï xaôecùpwv, -^vj^a.ri v.ol'. y.o(y\iio:
yûvai, Tt upaTTEti;; Bo-jÀojxai a" àyaôtov )vÔywv (j.5X).ov Sk Ttpi^swv è(TO]xÉvwv, ààv oî Ôeol 45 [9]£XM(7t, Y[îûci-]at y.al çÔiaai 7?pwTo[ç çpàdaçl *.
« Da. — Bien le bonjour, Myrrhiné.
« My, — Bonjour, Davus.
« Da. — Puisque j'ai compris, noble et digne femme, quelles sont tes préoccupations, je veux te donner un avant-goût des bonnes paroles qui vont être dites, ou plutôt des actes heureux qui vont s'accomplir, s'il plaît aux dieux, et être le premier à t'en porter la nouvelle. »
Myrrhiné porte le même nom que la fleur qui vient d'être mentionnée : on peut s'étonner que le poète
1. V. 41 <7râ>vj N. —V. 42 wç ye G. H. Mais la particule ye est aussi inutile après w; qu'elle est nécessaire après oç. — [o'j ae Wil.] xaQEojpwv G. H. -/.aeîwpo-jv P. — V. 45. Ici commence le verso. En haut de la page, les traces d'un i^, lettre numérale = 7. — yEvaat Bl. yvw.ai P.
DEUX COMKDIES DK MKNANDHE. 265
n'ait pas évité cette homonymie. — L'esclave affecte un instant une solennité formaliste ; mais, dès qu'il arrive au fait, le naturel reprendra le dessus : le commencement de son récit est d'une rudesse grosère, et ce contraste est plaisant.
'O KXeai'vsTOç yàp, o) tô [j.£tpây.iov [to (tÔv] [è]pyâΣTat, Trptôïjv ttot' èv raï; à[JL[Tis/ot;] (7x[à]TïTa)v èiiy.O'ht zh fTY.éloz y p-q(T\xMç] Ttdcvj. MT. TâXatv' i^oy.
AA. ©àppEi, TO Ttépac 6' à'xo-jÉ [xo'j.
50 'Attô to'j yàp sXxo-jç, wç rpitatov èyévsTO,
[ioy6wv ÈTC'fipÔYi TO) yépovTt, Ôépjxa t£ iTTÉAaoev aÙTÔv, xal xaxwç £t)^£v ttxvj.
4>I. 'A/.X' èxy.opriôetviç aô y', oia tàyaGà
riXEn; àTtayyéXXwv.
MV. Stwira, ypaotov.
55 AA. 'EviaûÔa XP^'*? y£vo[JL£v/)ç aÙToi xivôç
Xïi6î[j.[ô]voi;, ot (i.£V olxÉTat xal pâpê[ap]ot « sÇyit' èxervoç" à'anv oîjj.wÇ£tv [j.[ax]pâv » £X[£]yov aTravTE;' ô oè aô; "Jib;, otov[£ij vo[/.co-a; éauToy Tiaxéo', à7rop86)(Ta[ç TvàXtv]
60 rjXEicpEV, èÇÉTptêEV, àTcÉvt^EV, çayEtv
rpoa£Ç£p[£], 7rap£[j.u8£Î'TO, Trdtvu cpaûXwç E)(£t[v] S[6]?[a]vT' àvÉ^TriO-' a-Jtov £7rt[ji,£Xoù(A£vo;. Mr. [<ï>t]XovTéxv[o]v. AA. Ny) tov At" £'!) oïiTà y' o'JTWTei '.
1. V. 46-47. KXeaîvETo; N. xXaiÉveToç P. — w Th. Reinach, ou P. — [àypbv £]pyàs£Tat G. H. Mais comme Davus n'est pas au service de Myrrhiné, rb ^ôtpàxiov tout court ne suffirait pas. — à!Ji.[7r£Xotç] N. — V. 54 ypatotov P. — V. 56. Ma conjecture x[riô]£jj.[6]vo!; se trouve confirmée par le manuscrit. — pâp6[ao]ot N. — V. 57 [itp' oU £X£Ïvoç âaxiv Kaibcl, Wil.] — !j.[ax]pâv G. h'. — V. 58 k'ÀEyov G. H. — oîov[£l] BI. — V. 59 aTtopÔocra P. — [TtàXtv] Ellis. — V. 60 à7:£v[t]s£v N. — V. 61-62 Ttapejj-uÔetx' 07ravu9auXo; P. [k'XEtv ôôÇavx' Wil.] — £7ri[j,£Xo-j(A£vo; N. £Tri[ji£Xou[X£vov P. — V. 6.3 [xa]Xbv T£xv[o]v N. — oÛToat ne pourrait désigner un absent.
V. 48 se complète par Élien, Lettre rustique, II, mosaïque composée avec des réminiscences de Ménandre. On y lit çeXXeï èTzév.0'lE tb (TxéXoi; Trâvu ^^pricnàiç (leçon des manuscrits) xal Qép[i.-q èTCXaê£v aÙTOû... Les mots pougwv... knéloiêev y.iiTOV [v. 51-52)
« Da. — Gléénèle, pour lequel ton garçonnet travaille aux champs, s'est l'autre jour, en bêchant sa vigne, donné dans la jambe un bon coup, bien solide.
« My. — Oh ! quel malheur !
« Da. — Rassure-toi et écoute-moi jusqu'au bout. A la suite de cette blessure, le troisième jour, il vint au vieillard une grosse tumeur, la fièvre le prit, il était au plus mal.
« Ph. — Ehl que la peste soit de toi! Voilà les bonnes nouvelles que tu apportes?
« My. — Tais-toi, vieille mère.
(( Da. — Il lui fallait alors quelqu'un qui le soignât. Cependant les gens delà maison, esclaves barbares, de s'écrier en chœur : « Il a vécu, il n'y a plus qu'à « entonner une longue lamentation. » Mais son fds, le traitant comme l'eût fait son propre père, le redresse, prend des onguents, le frictionne, le lave, l'essuie, lui apporte à manger, le rassure, rend de nouveau à la vie à force de soins un homme qui semblait être au plus mal.
« My. — Cher enfant 1
<' Da. — Certes, par Zeus... »
Voici maintenant la suite du récit de Davus :
étaient déjà connus par plusieurs citations (cf. fr. 98 Kock). Le puriste Phrynichos {Epit. 331) reproche à Ménandre le néologisme 6ip[i.a, pour ÔÉpar,, l'ancienne forme attique dont s'étaient servis Thucydide et les poètes delà vieille conicdie, et qu'Élien, on vient de le voir, se pique de rétablir. L'imprécation èy.xopr,- ÔecYi; ffy ye figurait déjà parmi les fragments de Ménandre (903 Kock). — Les longs cris de la lamentation funèbi-e (oifi-w^ôiv (jiaxpâv, V. 57) sont appelés 7i«[j.!J.r|/.£?ç 7001 par Sophocle, OEd. Col., 1609.
64 fr,y.' àvaXJaêwv yàp aûibv evôov xal o-xoXr,v
65 [eûpjwv, àitct.Wa.ysXç ScxéXXyjç xal xxxaiv (fxai Y'i?] "-î ^''^'- ""''-^■''ipôç ô yîpwv xw P^'w), [to'j (leipjaxt'ou -à TcpocyiiaT' àvaxptvôt Ti'va, [xà (aÈv] o-j;(t TravTaTtadCV àyvoôiv ïawç. [At£py o][j.évoy Sk to-j vôavi'o-xoy T[à]Se,
70 [ti x£ Tj/iç àoEAcpfi; è(jL6a),ôv-o; <7oû •<t£> xal
[twv ffàiv xaxùiv], STraÔév Tt xotvôv, xal /.dcpiv [tti]; èirijAcXctaç tjo[t]£-' Èx TravTÔ; X6yo-j [Ô£tjv aÛTOv aTtoSoûvai, (aôvo; t' wv xal yspwv [v]o'jfv] ëffx^ — ''V' T*P Tra'S' ■JTrÉffxl'"!'^]*' Y*!^-^'''''
75 [xjîçiXaiôv èo-rt to-jto to*j Trav-ô? /ôyou.
["11 ||[o]y(jcv TjOr, ôcCp'" oi-KUTr/ îî; àypbv [cr' ô(i]o-j ),ap(î)v, Trauo-îTÔiE 7i£vt'a (jiaJxdfisvoi, Suavo'j6£Tr|Tt;j[6r|ipw xal O'jtxôXw;] [xal] •:a'jT'[£v]aa-:£t. Ai£Ï yàp r^ ttXo'JteïvJ l'cto; f, îr|V bTT[o"j] jj-T; ix[âpT-jpaç] t[o-jJ S-jttv/eïv ■7t[oJ),Xo-jç Tt; EÏEt Tou; ôpàivta;" ïa-i Se [àypô]: clç TÔ toioût' eÙxtov r, 7' âprijAta. |E-J]aYY£).i<7a(T6ai irp[o;] <7£ ira-j-' c[6ou]).ô[j,r,v,
["EppjoJiTO.
85 MV. Kal tj y£ r.riily. '.
" Après s'être remis peu à peu, comme il se donnait enfin du repos, assis dans sa maison et faisant trêve à la bêche et aux fatigues (carie vieillard s'est astreint à une vie bien dure), il demanda au garçonnet où en étaient ses affaires, bien qu'à la vérité il ne les ignorât
1. [Blass a restitué les vei's 77-79 en se servant du numéro 183 des fragments comiques cités sans nom d'auteur : TiEvîa (^ayô- {jisvot TC£Ttav[j.£Ôa, o-jg-vo-jÔcttiTO) ÔT|pûi) xal SvoxôXo).] J'ai rétabli les vers 79-80 au moyen du fragment 928 de Ménandre, cité sans indication de la pièce : Aeï yàp ■r^ ■KM-j-zvt... oitwç [ay-j ttoXXoÙ; (làpTupa; k'Eciv toô; ôpoivraç. Les deux textes mutilés se complètent mutuellement de la manière la plus heureuse.
V. 64 àvaXaêwv Bl. — [V. 65 [sOpiôjv Wil.] — V. 66 [o-jtw] Blass, "VVil. — y. 67 Texte de G. H. TrpayiJ-a-raEVExptvEt P. — xi'va ne doit pas être attribué à Myrrhiné. — V. 68 [xà jj-Èv] Bu. —