‹ Études sur l'antiquité grecqueChapitre 97 sur 121 · V. 70 <-£>BI. — V. 71 [;. £7ra6£v P. — V. 72 [xf · texte numérisé non relu

V. 70 <-£>BI. — V. 71 [;. £7ra6£v P. — V. 72 [xf

N. — wv£x' p. —V. 74 [v]oy[v] G. H. — -ÛTiEcr/Jr.xJat N. — V. 76 |r,lE[oly<7tv G. H. —V. 77 [cr'] Reinach \fj^yj G.'H. —V. 83. Suppléments de N. et de G. H. — V. 84 Texte de N.... wawTroXXaxaKT'JY- P. [b'ppwiTo ■KoiXâ. — xal Q-lt "Wil.]

"268 KTUDES SUR l'aNTIQUITÉ GRECQUE.

pas tout à fait, je crois. Le jeune homme les expose, il parle à ce propos de sa sœur, de toi, de les malheurs. Alors le vieillard est pris de compassion, il se croit tenu de témoigner de toutes façons sa reconnaissance pour tant de sollicitude, il se sent seul et vieux, — bref, il a promis d'épouser la jeune fille, voilà le point capital de tout mon discours. Ils viendront ici tantôt, il reprendra le chemin des champs en emmenant la mère et la fille, vous cesserez devons débattre contre la pauvreté, bête rétive et ingouvernable, et cela en ville. C'est qu'il faut être riche, ce semble, ou vivre en un lieu où votre misère ne soit pas exposée aux regards de nombreux témoins. En pareil cas, les champs et la solitude sont un bienfait. Voilà la bonne nouvelle que je voulais t'apporter. Salut,

« My. — Salut, Davus. »

Il ne reste que peu de chose de la scène suivante; mais les trois ou quatre vers conservés ne sont pas insignifiants.

85 [tc TiEJptTtaTEÎ'ç iTTpo6oûaa xà; yjXç<xç,\

Ml'. ' Ti yào,

[*I>o']Xivv" ; àTiopoujj.at vjv -i ■KOiryrs'-j.'. \).t Ssï. ["Aaaq-j] Ttvb; r| Tta?; ÈaTt" to-jt-o) -/.o-j *.

« Ph. — Ou'as-tu, mon enfant? Pourquoi te vois-je aller et venir en te tordant les mains?

1. [Tt Ttc] piTTaretç N. aipoéoûo-a P. d'après N., xpiêo-jo-a d'après G. H. — V. 87.... ITINOC P. r^or, tivô: conviendrait aussi [kTzû Tt'voç Y) Ttaïç 'éo-Tt; Wil; en prêtant à ÈTTcle sens du futur.] A la fin de ces vers, plusieurs lettres indistinctes, et dans la ligne suivante les traces de quatre lettres.

« My. — Tu le demandes, Philinna? Je suis en peine de ce qu'il faudra faire maintenant. Ma fille appartient à un autre, c'est à lui, et non »

Myrrhiné hésite, on le voit, à accepter l'offre de Cléénète. Elle sait que sa fille est attachée au fils de Gorgias, et elle ne désespère pas encore de ramener le traître. Il est évident que ses vœux finiront par être comblés; mais on peut croire que le poète a su varier l'action et faire durer l'incertitude avant d'amener le dénouement prévu. Le fils de Gorgias n'est pas méchant (il le dit lui-même), mais il est irrésolu et n'ose avouer à son père ses amours et ses promesses. Un fragment conservé par le scholiaste d'Hermogène (fr. lOOj réponfl très exactement à la situation où il se trouve.

'EjxêsêpovTriTat ; l'ZMÏoy, oç xôpr,ç èXeuÔépa; £Îç éobiz' TjXtov (TUÙTÏ7.Ç xal (jtaTYjV Ttoioyaévo'j; Ttîpiopa; yijAouç cîzX-ozm.

« Tu as donc perdu l'esprit? C'est ridicule : tu t'es épris d'amour pour une jeune fille de condition libre, et, quand on fait inutilement pour toi les préparatifs d'un mariage, tu laisses faire sans mot dire ! » Le mètre trochaïque ajoute à la vivacité du tour de phrase : ces vers sont évidemment tirés d'une scène très animée. Était-ce le fils de Myrrhiné qui gourmandait ainsi l'amant de sa sœur? Ce dernier évitait tantôt de le rencontrer : le garçonnet savait donc parler haut.

Faut-il croire, qu'instruit du mariage projeté entre sa maîtresse et le Campagnard, le fils de Gorgias,

piqué au jeu, sortait de son irrésolution et se décidait à parler à son père?

Quant aux autres fragments anciennement connus, je les attribuerais volontiers à l'honnête Campagnard. Supposons qu'on l'ait instruit de la douloureuse situation où se trouve la fille de Myrrhiné sans lui dire le nom du séducteur; il peut prononcer le fragment 94 :

'O 8' f|ôf/.T|y.ô); O'TT!; £(76' ovTÔç Tzo't

TïiV ij[X£T£pav TTEViav, y.ay.oSatfi.tov jitÔ', OTt

to-jt' -îjSt/.Yiy.îv oO T-j/ôv jxîTa/.Tj'l/ETai"

si xal o-çôSp" £-j7:op£Ï Y^P) ào£oaiw; -pyça"

-h Tf|; T-J/rj; yàp psv/jAa [j-aTaTtiTCTEi ^■xy-j.

« Quel que soit l'homme qui a insulté à votre pauvreté, il est abandonné des dieux ; le malheur auquel il insulta, il pourrait d'aventure y tomber lui-même. L'opulence qui le rend insolent, si grande qu'elle soit, est fragile, car la roue de la fortune tourne promptement. »

Comme le Campagnard a donné son nom à la pièce, il a dû y jouer un rôle important, et on peut croire que c'est grâce à son intervention que Gorgias consentait à marier son fils avec une jeune fille paiivre. En se chargeant de la négociation, il pouvait dire (fr. 97) :

Et[xi [aÈv aypotxoç, y.a-JTb; oyx aX/.uj; èpw, y.ai Tôiv xa"' aoru 7tpaYlJ.âTwv où 7raVT£).MÇ sp.TTEtpoç' ô 5È 3(pôvo; tî \l' elSévat ttoisÏ

u Je suis un paysan, je ne dirai pas le contraire, et je n'ai pas trop l'expérience des choses de la ville ; mais une longue vie m'en a appris assez; »

DEUX COMÉDIES DE AlÉNANDRE. 271

Il fallait établir que la belle était de condition libre, fille d'un Athénien et d'une Athénienne, civis atlica, qu'un fils de famille pouvait contracter avec elle un mariage légitime et que, dans la circonstance, il était obligé de le faire. C'est là ce que Criton démontre à Simon dans VAndrienne, et on se souvient comment il est reçu. Le père de Pamphyle le traite comme un vil intrigant, lui jette à la figure le nom de sycophante'. La scène de VAndrienne aide à faire comprendre le fragment suivant du Tscoûyo; (fr. 93).

Eyxa-:aq)p(5vr,Tov icni, ropytaç, ttévyjç, xav Tcivj Xéyo St'xata* toÛto-j yàp Xéystv evôxa (xôvou voiAtl^sÔ' o-Jxoç, lov ),ao£iv, ' xai <TyxocpxvTr|Ç e-j6u; o to -rpi^oVnov

k'ywv xaXïÏTat, xàv à6ixo'j[j.îvo: 'C'j'/J,-

« Le pauvre, ô Gorgias, a beau être dans son droit, on méprise volontiers ses discours, on le soupçonne de ne parler que pour tirer de l'argent. L'homme qui porte un manteau râpé est tout de suite traité de sycophante, alors même qu'il est outrageusement opprimé. »

Un autre morceau ( fr. 95) s'explique plus difficilement; mais il doit appartenir à Cléénète : on y reconnaît la supériorité morale que Ménandre s'est plu à prêter à ce rude paysan.

O-JTûî y.o-j.-in'oc in'' àvrip, m ropy'a, OGTt; àôixeÏTÔat tiasiut' sizimot.-'' èyApa-ùç' To 5' ôSvô'upLOv to-jto xat Xeav Ttixpov ScrY(x' èorlv £-j9Ùc 'nZiyi [Lnf.po<\i\)yioL(;.

l: Sycophanta ! TcrencCj Andr^^ V, 4, IL

272 KTUDES SCR l' ANTIQUITÉ GRECQUE.

« L'homme excellent, ô Gorgias, est celui qui sait le mieux se contenir quand on lui fait un tort. Ces emportements, ces colères excessives sont la marque évidente d'un petit esprit'. »

Gorgias avait arrangé un mariage conforme à ses intérêts ; il doit y renoncer et laisser son fils contracter un mariage peu avantageux. C'est là peut-être le tort qu'on lui fait et dont il se plaint amèrement. Dans VAndrienne, Criton dit à Simon : Non la liiom malum œqiio animo feres?

Quel mari donnerons-nous à la fille de Gorgias? car il faudra bien la pourvoir. Le Campagnard est plein de bon sens et de bons sentiments, mais il est trop vieux pour elle : des mariages aussi mal assortis se font bien dans le monde, mais non au dénouement d'une comédie. Le fils de Myrrhiné lui conviendrait mieux; il est vrai qu'il est très jeune, on l'appelle [i.£'.pâ)c[ov ; mais Cliéréa, que l'on marie à la fin de V Eunuque, n'est pas plus âgé que lui. Cléénète ne se plaindra pas : il avait offert d'épouser une fille délaissée, par compassion, par reconnaissance, enfin pour ne pas manquer de soins dans ses vieux jours. Elrbien, les jeunes époux le recueilleront chez eux. et la fille de Myrrhiné sera unie à son amant.

1. [Wilamowitz croit que Gorgias est le jeune homme pauvre ou un ami de sa famille, que Cléénète détourne de porter plainte devant les tribunaux contre un homme riche. 1

Page 1