‹ Études sur l'antiquité grecqueChapitre 98 sur 121 · LA BELLE AUX BOUCLES COUPEES · texte numérisé non relu

LA BELLE AUX BOUCLES COUPEES

On ne saurait trop remercier MM. Grenfell et Hunt du zèle aussi intelligent qu'infatigable qu'ils mettent à publier des papyrus gréco-romains inédits. Depuis plusieurs années, ils consacrent l'hiver à des fouilles en Egypte, et l'été au déchiffrement et à la publication des trésors exhumés. \'oici déjà le cinquième recueil de ce genre que nos deux travailleurs offrent au monde savant, le deuxième des manuscrits qu'ils ont trouvés en pleine terre à Oxyrliynchos. Il contient 1*J3 textes écrits, à peu d'exceptions près, dans les deux siècles qui ont précédé et suivi la naissance de Jésus. En tète sont placés deux fragments de l'Évangile de saint .Tean, un autre de TÉpître de saintPaulaux Romains, en fin des menus débris d'un ouvrage théologique. Ces trois numéros offrent peu d'intérêt, mais la Faculté de théologie a, depuis l'antique Sorbonne, le pas sur les autres Facultés. Viennent ensuite les textes classiques, vingt-trois numéros, parmi lesquels un nouveau fragment de Ménandre occupe à juste titre la place d'honneur. Des documents de tous genres relatifs à la vie publique et à la vie privée de la fin de l'époque ptolé-

1. Journal des Savants, 1900, janvier, p. 48 et suiv. — The Oxyrhynchus Papyri, Part II, edited ivith translations and notes, liy Bernard P. Grenfell, M. A., fellow of Queen's Collège, Oxford, and Arthur S. Hunt, M. A., Senior Deniy of Magdalena Collège, Oxford. With eight plates. London, Offices of the Egypt Exploration Fund, 1899.

maïque et au commencement de l'époque romaine remplissent plus de la moitié du volume, qui se termine par douze tables très utiles et des additions et corrections au tome I. Huit planches donnent des spécimens de diverses écritures ^.

Le nouveau fragment de Ménandre est tiré de la Il£p[X£tpo[jL£vr, et donne le dénouement de cette comédie. dont le sujet était déjà connu sommairement grâce à plusieurs allusions éparses dans les auteurs anciens. Les personnages principaux sont Polémon, soldat qui, après avoir servi en Asie, est revenu dans la Grèce, apparemment à Athènes, et Glycère, sa captive et sa concubine. Il l'adore, mais dans un accès de fureur jalouse il se laisse aller à couper les boucles de la belle *. Bientôt, cependant, en amoureux qu'il est, il pleure sur le ravage barbare qu'il a fait et s'abandonne au désespoir. Le spectateur apprenait-il la brutalité du soldat par un récit ? Cela est possible ; je crois cependant que l'action se passait sur la scène. En effet, le titre de la pièce porte ncS'.xE'.çoaévY,, au présent, et non IIcp'.xExapptévY,. C'est ainsi que le premier Hippolyte d'Euripide était intitulé 'IwîtôXuToç, xaXu-TÔasvo;, parce que le chaste jeune homme se

1. Des deux articles consacrés à ces te.vtes, nous ne donnons ici que les pages qui roulent sur la comédie de Ménandre.

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