‹ Études sur l'architecture religieuse de l'AgenaisChapitre 13 sur 81 · ÉGLISES A CHEVET PLAT · texte numérisé non relu

ÉGLISES A CHEVET PLAT

Marmont - Pachas. — Saint - Chaliès. — Saint-Simon. Saint -Pau. — Goulard. — Fontarède. — Saint-Léon. Montgaillard. — Sauvagnas. — Nomdieu.

Il existe une différence notable entre les églises de ce groupe. Les six premières que je vais décrire ont des travées de chevet plus étroites que leurs nefs ; les quatre autres sont de simples cella rectangulaires \

* Une opinion émise depuis longtemps par M. de Cougny, est qu'il faut remonter au-delà même du moyen âge pour trouver l’origine du plan des églises à chevet plat. Ces édifices ne seraient que des copies de temples païens.

Les longues et consciencieuses recherches faites à ce sujet , particulièrement dans la Touraine, par le savant Directeur de la Société française d’archéologie, donnent à cette opinion une grande autorité.

Il faut bien se rendre compte en effet que longtemps après l’établissement du christianisme, il devait subsister encore dans les Gaules un grand nombre d’édifices consacrés au culte des faux dieux. Les uns furent transformés en églises, d’autres inspirèrent des imitations. Ces temples n’avaient pas tous le luxe architectural qui consiste en portiques, en revêtements de marbre, en sculptures d’ornement. Il est à présumer que la plupart de ces temples devaient se réduire, ainsi que les petites églises que je vais décrire, à une simple cella.

Singulière coïncidence que je vais avoir bientôt à signaler ! La

Église paroissiale de Saint -Martin de Marmont- Pachas (PL xi). — Une nef rectangulaire fort basse, recouverte par une charpente ; à l’orient , une petite abside quadrangulaire , voûtée en berceau plein cintre : voilà tout ce qui constitue le plan de ce modeste édifice.

Bien qu’elles paraissent appartenir à la même époque, les deux parties distinctes de l’église diffèrent par la construction. Les clôtures de la nef, sans contre-forts, sont en petit appareil. Il s’y môle quelques moellons taillés dans de plus grandes proportions, et les assises sont plutôt irrégulières que parfaitement horizontales. Le chœur est en moyen appareil assez négligé. Ses murs latéraux s’appuient de chaque côté, ainsi que le chevet sur un contre-fort de section quadrangulaire , élevé sans ressaut jusqu’aux deux tiers de la hauteur.

La porte principale , à cintre surbaissé , s’ouvre au midi. Un appentis , formé par le prolongement de la toiture, en protège le seuil. Ses jambages n’ont pas de retraite et leurs angles sont rabattus par une moulure curviligne bordée de deux grains d’orge.

Outre l’arc triomphal , le berceau du chœur est soutenu par un doubleau. Cette voûte est construite en briques grossièrement cimentées par des couches épaisses de mortier mélangé de terre.

La plupart des baies ont été remaniées. L’une qui parait ancienne est quadrangulaire.

plupart des églises construites dans l'Agenais par les Templiers, naturellement désignées sous le nom de temples, ont précisément des plans rectangulaires.

Dans le Périgord et dans les provinces voisines , le plan des églises dont le chevet plat forme un compartiment moins large que la nef, fut accommodé à la construction des coupoles byzantines. Il en est de même du plan des églises du groupe suivant. (Voir YArchit. byzantine en Fr . , par F. de Verpeilh, pi. xi, plan des églises de Paüssac et de Bourdeille.)

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