‹ Études sur l'architecture religieuse de l'AgenaisChapitre 35 sur 81 · EGLISE D.’AUBIAC · texte numérisé non relu

EGLISE D.’AUBIAC

(Lot-et-G aronne . )

Le mur du transept , sur la nef , a été renforcé par un épaississement qui dessine une arcade surbaissée au-dessus de l’ouverture du carré. Cette arcade , qui pénètre dans les murs de la nef, peut avoir été ajoutée postérieurement; maison s’expliquerait aussi bien qu’elle remontât à la construction primitive , l’architecte n’ayant pas voulu lui donner de pieds-droits saillants , afin de ménager tout l’espace entre les angles du mur et les pieds-droits de l’arcade du sanctuaire. Là, en effet, sont des autels secondaires pour lesquels il n’y aurait pas eu de place ailleurs.

Telle se représente à l’intérieur la petite église d’Aubiac. Ce que ma description peut laisser à désirer sera complété par les dessins qui accompagnent cette notice.

A l’extérieur , les contre-forts correspondent partout aux fausses arcades de la nef. De plus , chaque absidiole en a deux fort larges. Les deux qui sont placés à l’angle de la tour, sur la façade , portent une petite tourelle qui s’arrondit au premier tiers de la hauteur comme une sorte d’échauguette.

A quelque distance du sanctuaire , une seconde tourelle est accolée au mur septentrional. Ces constructions renferment les escaliers à vis qui donnent l’accès aux deux tours par l’intérieur de l'édifice. Les escaliers sont éclairés par des baies étroites. Les voûtes rampantes sont composées d’un mince blocage dont le mortier est aussi dur que la pierre.

Pour monter à la tour du sanctuaire, il faut passer sur le dos de la voûte de la nef, ce qui a fait exhausser la charpente sur ce point. Le reste de la toiture est posé directement sur le berceau selon le mode usité dans la plupart des églises romanes de l’Agenais, dont les fermes de comble n’ont pas d’entraits ni de poinçons.

J’ai signalé dans l’église de Monsempron une simplification plus grande encore. La charpente est com-

plétement supprimée. Des entassements de terre, établissent une pente régulière entre la voûte de la grande nef et celles des bas-côtés. Cette surface est recouverte de pierres plates posées à recouvrement. Le versant septentrional de l’église a conservé celte toiture primitive.

Il est possible que telle ait été dans l’origine la toiture de l’église d’Àubiac. La pesanteur des dalles de pierre et du remplissage sur lequel elles étaient posées , les infiltrations qui devaient se produire , expliquent assez pourquoi, dans un grand nombre d’églises du xi8 et du xne siècle , ce mode grossier de recouvrement dut faire place aux charpentes. La justification de mon hypothèse sur l’église d’Aubiac serait la toiture encore existante des absides. Elle consiste en un dallage de pierres fort bien taillées, fort bien jointes, et dont les assises circulaires sont posées en retraite les unes des autres jusqu’à la pierre du couronnement, qui est un petit cylindre surmonté d’une boule. Au faîte de l’absidiole méridionale, la pierre de couronnement est surmontée d’une croix. Je suis persuadé qu’un grand nombre d’églises romanes de l’Agenais avaient à l’origine des couvertures pareilles.

La tour centrale domine d’une grande hauteur les troL absides. Sur chaque face, outre les étroites fenêtres de la coupole , il y a près de la toiture deux étages de deux fenêtres; les plus hautes sont petites et carrées.

L’ornementation de l’édifice est toute romane. Un triple rang de billettes contourne l’archivolte de la porte, archivolte composée de plusieurs tores dont le plus large repose sur deux colonnettes aux chapiteaux mutilés , représentant des oiseaux. Au-dessous, le tympan est sans ornement. Les chapiteaux de la nef portent un ou deux rangs de feuilles sculptées grossièrement , terminées pour la plupart par des grappes ou des boutons. Sur l’une de ces, cor-

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