‹ Études sur l'architecture religieuse de l'AgenaisChapitre 4 sur 81 · PL HL · texte numérisé non relu

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PLAN DE L'ÉGLISE DE MONSEMPRON Échelle de 0m,002S pour mètre.

Les doubleaux des nefs ont pour sommiers des dosserets qui s’amortissent sur les abaques et d’autres dosserets de toute hauteur appliqués sur les murs de clôture.

Toutes les courbes des voûtes, des arcades, des fenêtres sont à plein cintre. Il est singulier que cette forme ancienne ait été préférée au tiers-point dans un édifice offrant deux exemples des modifications qui caractérisent le gothique primitif du nord, à savoir : le rétablissement de la colonne comme support et l’appui sur les tailloirs des dosserets correspondant aux arcs de voûte.

On n’a pas de documents sur la fondation de l’église de Monsempron, mais on peut conjecturer que cet édifice appartient à la seconde moitié du xne siècle.

L’emploi de la coupole dans trois parties du chœur et du transept, la division à peu près carrée des travées des nefs, certains détails de l’ornementation accusent l’influence byzantine. On doit en être d’autant moins surpris que l’église de Monsempron est peu éloignée de la Dordogne, pays des types originels de cette école.

L’édifice tout entier a des revêtements en appareil de petite dimension. Bien que ses contre-forts soient de peu d’épaisseur, grâce à la bonne structure de l’ensemble, la solidité de ses voûtes est à toute épreuve. Les croisillons sont assez courts. Celui de gauche est éclairé par deux larges baies, placées sur le même plan horizontal. Celui de droite a été retouché et agrandi à une époque qu’il serait difficile de déterminer.

La crypte, qui s’étend au-dessous du carré du transept et du sanctuaire , est absolument dépourvue d’ornementation. Elle est divisée en trois galeries par des piliers épais et trapus, vrais pans de mur à coupe quadrangulaire. Elle offre une voûte d’arêtes et des berceaux tournés en sens divers, dont l’un reçoit la pénétration d’une arcade*.

* Cette crypte est, avec celle des Màrtrou, la seule qui existe dans les églises du département.

Le sanctuaire, qui surmonte cette crypte, daterait, d’après les historiens de l’Agenais , du xvne siècle , de 1654, ainsi qu’un placage qui défigure la façade occidentale. La voûte de ce sanctuaire est croisée dans tous les sens par des arcs formant un réseau compliqué. Ses hautes fenêtres ont des meneaux et des remplages dans le style de la dernière époque gothique.

Les ahsidioles romanes ont un petit compartiment de rez-de-chaussée ouvert à l’extérieur par des arcades plein cintre et dans lesquels la crypte prend des jours.

Il y a dans l’édifice un certain nombre d’œils-debœuf circulaires : dans les compartiments triangulaires du chœur, au-dessus d’une porte ancienne ouverte au midi, etc.

Les grandes fenêtres, assez étroites, n’ont pas de colonnettes dans leurs montants. A l’extérieur leur cintre est creusé dans une seule pierre.

Sur le versant nord , la toiture , recouverte en pierres plates, repose directement sur l’extrados des voûtes. C'est la disposition primitive. Au sud , la charpente est relevée et porte sur des murs surhaussés. On a constitué ainsi au-dessous des combles une salle fortifiée dont les meurtrières rondes furent évidemment appropriées à l’usage, des armes à feu. Cette trans-

La crypte des Martrou se compose d’une cellule très - exiguë située à une grande profondeur au-dessous de la chapelle des Pénitents gris d’Agen. D’après la tradition, elle remonterait aux premiers siècles du moyen âge. A défaut de toute décoration, l’étude de l’appareil des murs permettrait peut-être de se rendre compte si cette origine antique est admissible. Ces murs sont malheureusement recouverts de crépissage. Il est certain que cette salle souterraine a plus d’analogie avec les anciennes confessions ( confessio martyrum ) qu’avec les cryptes proprement dites.

D’après M. l’abbé Barrère, des actes anciens attestent l’existence d’une crypte au-dessous de l’abside de la chapelle abandonnée des Pénitents blancs d’Agen.

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formation pourrait dater du xvie siècle. Elle dépare le monument et lui donne à l’extérieur l’aspect d’une vaste grange. 11 ne faudrait pas hésiter à démolir cet étage disgracieux pour compléter la restauration actuelle.

Une tour carrée et massive avec un double étage de deux fenêtres de chaque côté, s’élève au-dessus du carré du transept. Ce clocher a 25 mètres de hauteur.

La décoration romane de l’église est assez riche. Les parties les plus intéressantes sont les chapiteaux des piliers, simples bandeaux ornés de sculptures fantastiques : personnages, bustes et mascarons, quadrupèdes de toutes sortes et volatiles. Ces figures, grossièrement tracées, sont d’un fort relief.

La décoration végétale , les dessins géométriques sont beaucoup mieux traités au point de vue de l’exécution. Ce sont des roses au galbe contourné , des pointes de diamant, des palmettes variées, des boutons, des tores rompus, des bandeaux enlacés , des chevrons, des entrelacs, des feuilles crochues, le tout agréablement combiné. Tous ces motifs parsemés sur les abaques et les corbeilles des chapiteaux , sur le couronnement des piliers, dans l’encadrement des fenêtres , sur les corniches et sur les archivoltes , semblent épuiser le répertoire roman.

A l’extérieur , les métopes sont creusées d’une cavité profonde et circulaire. Cette singularité, ainsi que certains motifs de sculpture, particulièrement des patères ou rosaces en saillie, rappelle d’assez près quelques pièces qui entrent dans la décoration de l’ancienne abbatiale de Périgueux et que M. de Verneilh cite comme caractéristiques du style byzantin, pour les avoir rencontrées à Sainte -Sophie de Constantinople et à Saint-Vital de Ravennes.

Les bases des piliers appartiennent au style toscan dégénéré. Elles se composent d’un tore aplati sur un socle octogone.

On ne sait presque rien de l’histoire du prieuré de bénédictins qui a possédé longtemps la belle église da Monsempron. Les ruines du cloître subsistaient encore il y a quelques années.

L’église de Monsempron a été plus que toutes les autres étudiée par les historiens de l’Agenais. MM. Cassany-Mazet et de Saint- Amans lui ont consacré quelques lignes à une époque où l’on appréciait fort peu les monuments du moyen âge. M. l’abbé Barrère en a donné une plus longue description dans laquelle on pourrait, je crois, relever quelques erreurs : cet auteur croit devoir attribuer au xie siècle la construction de l’église , et à la dernière époque gothique les sculptures qui couronnent les piliers.

En donnant le plan ichnographique de l’église de Monsempron, je juge inutile d’y joindre une coupe transversale des nefs , la structure de cette église étant à peu de chose près analogue à celle de l’église de Moirax. A Monsempron, la grande nef a relativement plus d’élévation. Sa hauteur correspond à la pointe d’un triangle équilatéral dont la base serait une ligne tirée d’un mur de clôture à l’autre. Si l’on exécute une figure pareille sur la coupe que j’ai donnée des nefs de Moirax , on remarquera que la pointe du triangle dépasse un peu le cerveau de la voûte. Dans les deux cas , les lignes obliques des triangles passent par les sommiers des grandes archivoltes. Il est fort possible * que les architectes se soient servis des triangles équilatéraux pour établir les proportions de ces édifices , si satisfai-

* Il y aura peu de doutes à ce sujet pour ceux qui ont étudié l’article proportion du Dictionnaire raisonné de V architecture française du xi* au xvi* siècle , par M. Viollet-le-Duc, t. vu, p. 532. Le savant architecte y démontre, avec sa science pratique de la construction , que le système de proportions admis dans les édifices religieux du moyen âge procède du dedans au dehors et dérive généralement des triangles équilatéraux et des triangles isocèles rectangles.

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sanies au double point de vue de la stabilité et de l’effet architectural.

Un cimetière entourait jadis l’église de Monsempron. Les couches de terre rapportées sur ce point avaient produit un exhaussement considérable. On avait muré, mais en la mutilant, la porte ornée de fines colonnettes, qui s’ouvrait au midi. De plus, on avait mis l’aire de l’église au niveau du sol extérieur. De cette façon , les piliers des nefs étaient enterrés de plus d’un mètre. Dans une restauration récente encore inachevée , on a commencé par déblayer les abords et l’intérieur de l’église. On a fait disparaître les couches de badigeon qui déshonoraient cet édifice.

ÉGLISE PAROISSIALE DE SAINT - VINCENT DU MAS D’AGENAIS, AUTREFOIS COLLÉGIALE, SIEGE D’UN CHA- PITRE QUI DÉPENDAIT DU DIOCÈSE DE CONDOM. — Les

absides semi- circulaires de cette église, précédées chacune d’une travée, font face aux trois nefs. Le transept, peu développé, établit une division entre ces membres de l’édifice. La voûte en berceau plein cintre est l’unique mode de couverture appliqué dans toutes les parties. Cependant le carré du transept fait exception par sa croisée d’ogives qui n’est qu’une reprise faite au xvie siècle.

Dans les croisillons, l’axe des berceaux est perpendiculaire au grand axe des nefs.

Abstraction faite de la composition des voûtes, qui est ici toute différente *, l’église du Mas est conçue d’après le même système que nous avons vu appliquer aux églises de Moirax et de Monsempron ; c’està-dire que sa nef principale, sans étage, est épaulée par les bas-côtés.

* On trouve dans le Poitou, dans le Limousin et dans le Lyonnais des églises dont la structure est la même que celle de l’église du Mas.

Une seule ferme de combles, qui repose sur l’extrados des voûtes, recouvre tout l’édifice.

Les doubleaux, très -espacés, ont pour dosserets de simples demi -colonnes. Ils divisent arbitrairement les nefs en quatre travées. Celle du fond est très -étroite. La communication entre les nefs a lieu par des arcades basses en plein cintre. Les supports intermédiaires sont de gros pans de mur plutôt que des piliers. Leurs dimensions exagérées pourraient faire conjecturer à première vue que le monument primitif n’avait qu’une nef, et que, des bas-côtés ayant été ajoutés après coup, les archivoltes ont été ouvertes en brèche. Il convient de rejeter cette hypothèse. Le style des chapiteaux est a peu près le même dans les trois nefs.

L’église, dans son ensemble, date du xne siècle. Il est facile néanmoins de reconnaître les traces de nombreux remaniements et d’additions importantes.

Entre le chœur et la chapelle de droite , existe une arcature géminée , avec tympan , dans laquelle se voient deux colonnettes antiques de marbre gris. Dans le haut du bas-côté sud, on a conservé un magnifique chapiteau de marbre blanc, également antique, composé de trois rangs de feuilles d’acanthe. Ce sont là sans doute des débris de l’ancienne basilique dédiée à Saint -Vincent, qui était située, selon toute vraisemblance, sur le même emplacement que l’église actuelle.

Il est possible que les nefs aient été construites quelque temps après le chevet et les absides. Les voûtes de la grande nef sont plus basses que celles du chœur. Les supports du transept du côté de la nef n’ont pas la même forme que les dosserets qui leur correspondent. Ce sont des piliers massifs, retraités dans le sens de leur hauteur. Le grand arc d’ouverture du has-côté méridional est le seul de l’église qui soit en tiers -point.

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