‹ Études sur l'architecture religieuse de l'AgenaisChapitre 46 sur 81 · PLAN · texte numérisé non relu

PLAN

Échelle à 0m,0025 pour mètre

DE L’AGENAIS

respond à de petites chapelles construites entre les piliers butants.

On remarque de nombreuses irrégularités dans l’exécution. Le chevet , coupé à sept pans et précédé d’une travée, est sensiblement incliné à gauche. Les chapelles latérales de droite sont plus larges que celles du côté opposé.

Les plans très - complets que je joins à cette notice, me permettent d’abréger la description et rendent, je crois, suffisamment compte et de l'ensemble et de certains détails.

Les clefs centrales des ogives sont un peu plus élevées que les clefs des doubleaux. Les triangles de remplissage des voûtes sont construits à la mode française, c’est-à-dire composés de rangs de voussoirs parallèles et perpendiculaires à l’axe de l’édifice.

Le sanctuaire est surbaissé. Une rosace ovale, remplie par un quatre-feuilles est ouverte dans le panneau qui surmonte l’arc -triomphal.

Le style de cette église est très caractérisé. Les profils des arcs de voûtes se rapprochent singulièrement de ceux de l’église de Saint- Urbain de Troyes (fin du xme siècle) que M. Viollet-Le-Duc a décrits et dessinés*.

Il y a pénétration de ces arcs ainsi que des moulures des archivoltes dans les piliers , qui sont circulaires. La brisure des courbes des archivoltes des chapelles et des bas-côtés a lieu sous des angles trèsobtus.

Quelques piliers ou dosserets sont cantonnés de colonnes. Dans les dessins de remplage des fenêtres de la nef et dans le tracé du triforiv/m , on peut remarquer la correspondance des moulures perpendiculaires, l’emploi du plein cintre rapproché de quelques formes lancéolées, en même temps que des trèfles et des

* Dict. rais, de l'arch. fr. t. vu , p. 520.

quatre-feuilles du style rayonnant. Cette fusion des styles est particulière aux écoles anglaises *.

Cette influence étrangère s’explique historiquement. L’église de Marmande paraît dater en grande partie du commencement du xive siècle, c'est-à-dire d’une époque où les anglais occupaient la province.

Les bases des piliers peu élevées sur leurs socles sont d’une composition très- simple. Les tailloirs des colonnettes sont octogones et décorés de deux rangs de feuilles finement découpées. Une balustrade de couronnement s’étend à l’extérieur. Elle se compose d’une arcature trifoliée.

La porte principale est partagée par un trumeau bien proportionné. Des arcatures, dont l’une au centre est creusée en niche, décorent le tympan. Des clochetons s’élèvent des deux côtés. Le gable supérieur est tronqué par une ligne horizontale. Une seconde

* En visitant les monuments du sud-ouest , et ceux de Bordeaux en particulier, on est surpris du caractère étranger de quelques détails du style et même de la construction de certaines églises. Les tierspoints aigus et quelques motifs lancéolés y sont appliqués à une époque où ils était surannés dans la France septentrionale , tandis que des pénétrations, des courbes cintrées sont employées simultanément. Certains édifices du xiv* siècle offrent des profils qui paraissent empruntés à nos édifices du commencement du xiii* siècle, en même temps que d’autres qui devaient devenir à la mode chez nous seulement au xv* siècle. Nul archéologue, que je sache, n’a tenté d’étudier dans un travail d’ensemble les anomalies de ces monuments à style mixte. L’influence anglaise paraît évidente, mais il faudrait un certain nombre de documents historiques donnant des dates certaines, et beaucoup d’études comparatives des monuments situés au-delà de la Manche , pour se prononcer en toute connaissance de cause , et pour arriver à celte précision que réclame aujourd’hui la science archéologique, renfermée jusqu’à présent dans des formules souvent trop vagues.

A mon avis, les Anglais étaient en avance sur nous pour certains détails et certains procédés qu’ils ont pu créer, mais ils étaient en retard pour beaucoup d’autres qu’ils nous empruntaient.

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