‹ Études sur l'architecture religieuse de l'AgenaisChapitre 6 sur 81 · MOTIFS D’ORNEMENTATION DES ABAQUES · texte numérisé non relu

MOTIFS D’ORNEMENTATION DES ABAQUES

DE L’AGENATS.

sillon sud du transept, les billettes sont remplacées par de grosses perles.

Les motifs de décoration des chapiteaux sont trèsvariés. Dans les colonnettes des fenêtres , les corbeilles sont généralement ornées d’un seul rang de feuilles accompagnées de fruits et de grosses volutes. Les chapiteaux des colonnes -dosserets sont presque tous historiés. Les scènes empruntées aux livres Saints dominent. Pour l’Ancien Testament ce sont : le sacrifice d’ Abraham , David tuant Goliath , Samson terrassant le lion, Daniel dans la fosse aux lions; pour le Nouveau Testament, la Salutation de l’ange et la Yisitation, Jésus à table avec les deux disciples d’Emmaüs. Quelques sujets sont empruntés à des légendes : une femme tenant une pierre de chaque main s’apprête à terrasser un dragon; un soldat, l’épée à la main, combat un monstre. On y voit aussi des compositions de fantaisie , des quadrupèdes aux formes étranges et des oiseaux affrontés, une rangée de grosses têtes formant crochets au-dessus d’un rang de feuilles épannelées, etc.

D’après M. Viollet-le-Duc, le style de l’église du Mas aurait le double caractère de la sculpture de l’école de Toulouse et de celle de la Saintonge. Il s’y trouve en effet des personnages à l’attitude énergique bien rendus au point de vue des proportions. Sur d’autres chapiteaux l’exécution est différente. Il y a de l’exagération dans les poses ; le relief est plus fort , les scènes sont plus compliquées ; l’ornementation est trop chargée.

Quelques figures ont été retouchées à l’époque moderne.

Les compositions les plus remarquables sont peutêtre celles qui décorent les abaques. Ce sont des grecques barbares et surtout des entrelacs , des tiges végétales. Ces ornements échappent à la description. Le dessin seul peut rendre compte de la forme variée des

palmettes et des combinaisons de rinceaux, de fleurons et de volutes. Je donne quelques planches de ces ornements. On verra que la plupart ne le cèdent en rien aux gracieuses fantaisies qu’on admire dans les œuvres de la Renaissance. Beaucoup de ces dessins reproduisent le tracé des œuvres de serrurerie de l’époque.

Par ces planches, ensemble d’esquisses bien incomplet même pour l’église du Mas, on aura du moins une idée de la richesse des décorations prodiguées dans les églises agenaises du xne siècle.

La plupart des tailloirs ont de petites têtes sculptées sur leurs angles.

Je n’ai rien dit encore de l’extérieur de l’église. Il n’a pas de caractère monumental. Rien n’écrase un édifice comme une toiture à angle obtus sans ressauts. Le côté tourné à l’orient, c’est-à-dire celui des absides, est pittoresque. Ces hémicycles atteignent le bord du plateau élevé sur lequel est construite la ville du Mas, piédestal naturel qui les rehausse. Vus des bords de la Garonne ou du canal, ils apparaissent au-dessus des arbres verts qui croissent dans les pentes et qui forment un premier plan favorable.

A les étudier en détail , ces chapelles sont intéressantes. Leurs contre -forts se terminent par des colonnettes aux chapiteaux finement sculptés. Un cordon fort avancé, plaqué de grosses billettes, les couronne. Il a pour supports des modifions qui sont tous historiés et dont la plupart ne représentent qu’un personnage en pied. Draperies et figures sont également bien exécutées. Il serait difficile de traduire le symbolisme de toutes ces statuettes dont un bon nombre n’ont certainement d’autre rôle que celui des cariatides classiques.

Des signes d’appareil se voient sur les pierres de cette partie de l’église. Ce sont généralement de simples traits terminés par des volutes.

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