‹ Études sur l'architecture religieuse de l'AgenaisChapitre 66 sur 81 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

Il est aisé maintenant de faire la part des influences diverses qu’a subies l’architecture religieuse de l’Agenais.

Les plans de l’école romane de l’Aquitaine ( nefs sans étage, contre -boutées les unes par les autres) ont été appliqués aux églises à trois nefs des xie et xne siècles. De là devaient dériver plus tard certaines églises gothiques dont les nefs ont les mêmes hauteurs sous clefs.

Dès le xie siècle , le pilier rond , cantonné' de quatre colonnettes , est appliqué à l’église deMoirax. Au xne siècle , des piliers circulaires forment la séparation des nefs dans l’église de Monsempron.

Les monuments byzantins, du Périgord ont, inspiré directement les constructeurs de l’église de Saintr Caprais d’Agen. Les coupoles sur pendentifs des chœurs et des transepts romans, les grandes, croisées d’ogives surhaussées, les plans rappelant la croix grecque de certaines églises gothiques, constituent des imitations de plus en plus éloignées qui concordent d’ailleurs avec la dégénérescence de l’école dont Saint- Front de Périgueux fut la création primordiale.

Les plans romans et byzantins se sont modifiés les uns par les autres.

Les petites églises romanes du département offrent sept ou huit types , très-simples il est vrai, mais dont

la plupart paraissent reproduire des plans usités dès l’époque carolingienne ou même dès l’époque mérovingienne. Dans cette dernière catégorie on peut comprendre particulièrement les églises dont le chevet est ceint de trois absides diversement orientées.

Les clochers, élevés au-dessus des sanctuaires , tiennent la place des anciennes tours -lanternes.

Presque toutes les formes de voûtes ont été appliquées aux travées carrées des chœurs.

L’église de Layrac est un modèle achevé des grandes églises romanes à une nef.

Les églises de Sainte -Livrade et de Saint -Côme, curieuses par la disposition particulière de leurs chapelles ahsidales , doivent être distinguées parmi les plus anciens exemples d’un plan qu’on devait appliquer plus tard aux cathédrales de Sens et de Cantorbéry.

Le style tient à la fois des écoles de l’Auvergne, du Haut -Languedoc , de la partie occidentale de la Guyenne , et du Poitou.

Le genre roman paraît avoir duré jusqu’au milieu du xme siècle.

L’architecture gothique n’est pas représentée dans l’Agenais par des édifices de premier ordre. Il ne subsiste aucun monument dans le style des deux premières époques. Il est douteux qu’on en ait élevé. Cependant dès la fin du xne siècle on applique les croisées d’ogives aux chœurs et aux transepts de quelques églises.

Au milieu du xme siècle on construit à Agen les chapelles des Jacobins et de Notre-Dame du Bourg. La première est remarquable par sa division en deux nefs , qui d’ailleurs se retrouve dans d’autres édifices.

Le style qu’on avait inauguré, le style de la belle époque, ne fut pas encore appliqué aux églises rurales. Le temple de Port- Sainte -Marie fait exception.

On peut faire remarquer que les chapelles bâties dans l’Agenais par les Templiers ont , la plupart , des chevets plats.

DE L’AGENAIS

Au milieu du xme siècle on jette les fondations de la belle cathédrale Saint-Étienne , toujours inachevée, souvent reprise, et qui de nos jours est totalement détruite.

Au xiv0 siècle on construit l’église de Marmande. Ce sont les deux seules églises conçues selon les procédés architectoniques des écoles du Nord, les seules dans lesquelles l’emploi de l’arc -boutant ait permis de donner des étages à la nef principale.

Un plan qui paraît avoir son origine dans le Haut- Languedoc , où l’on construisait en brique , fut souvent adopté dans l’Agenais , à partir du xive siècle. Ce plan consiste essentiellement à réduire les édifices à une large nef bordée de chapelles établies entre les contre -forts.

Au xive siècle , on recouvrait encore quelques nefs de magnifiques charpentes apparentes, figurant un berceau en tiers -point aigu. Cette pratique pourrait être une importation anglaise. Le style de quelques églises offre des détails d’un caractère étranger qui semblent accuser la même influence. Il faut toutefois remarquer que les voûtes gothiques ne sont jamais appareillées à la façon anglaise.

Depuis le xive siècle jusqu’à la fin du xvie on a bâti beaucoup de petites églises sans grand caractère , trèsdifficiles à dater d’une façon précise. Leurs arcades sont lourdes, tous les tiers-points sont obtus, et toutes les moulures prismatiques.

Les plans de ces églises, fort monotones, ne rappellent en aucune façon ceux de l’époque romane.

Durant la dernière période gothique on ne renforçait pas toujours les voûtes par des bernes et des bercerons.

En somme , l’Agenais n’a pas produit en architecture de création originale depuis le xive siècle. On ne peut citer non plus aucune église remarquable dans le style de la Renaissance ou dans les styles plus modernes.

Page 1