‹ Études sur l'architecture religieuse de l'AgenaisChapitre 71 sur 81 · PI. XXX · texte numérisé non relu

PI. XXX

Poterie trouvée dans les tombes en briques du cimetière de Sainte-Livrade, figurée au cinquième de la grandeur.

DL: l’AGKNÂIS.

Quelques perles noires les unes rondes , les autres à facettes , probablement en grenat.

Un petit disque en bois , percé au centre , forme d’amulette, etc.

On a trouvé sur le même emplacement , mais hors des tombes :

Un fragment de mosaïque de 30 centimètres carrés environ.

Une grande brique (longueur 0 m 60 ; largeur 0 m 58 ; épaisseur 0 m 06 ) qui faisait sans doute partie d’un pavage.

Cinq sabots de cheval en fer, recourbés aux extrémités comme des patins , offrant , sur leur, largeur , deux oreilles de chaque côté. Ces hipposandales sont exactement pareils à ceux qui furent trouvés dans les sépultures franques de Rennecourt (Meuse) \

Un coutre de charrue, grosse tige de fer carrée d’une longueur de 0 m 90 , terminée par un tranchant de biais sur un côté.

J’ai trouvé moi -même à la surface du sol de nombreux débris de petits vases pareils à ceux qui sont déposés à la mairie, ainsi qu’un fragment de poterie dite samienne.

On m’a fait voir quelques-unes des briques qui formaient la couverture des tombes. Elles ont 0m30 de longueur , 0 m 21 de largeur , 0 m 04 d’épaisseur.

Un certain nombre d’objets trouvés dans le sol se rapportent à la période franque. J’avais jugé d’abord que les tombes pouvaient dater de cette époque. M. Quicherat a rejeté cette attribution en s’appuyant sur une preuve décisive : on ne fabriquait pas de poterie vernissée à l’époque franque. C’est au xie ou xiie siècle que M. Quicherat attribue les sépultures de Sainte-Livrade. Les vases sont, à son avis , fort curieux.

* Voir la description et le dessin de ces objets dans Le tombeau de Childéric , par M. l’abbé Cochet, p. 153.

Leurs formes, dit-il, « sont celles de la poterie mo- « derne à l’état d’essai , ou bien des imitations altérées « des types romains \ »

Au XVIe siècle, une petite chapelle dédiée à Saint- Martin existait encore sur la plate-forme qui a conservé ce nom. M. Castex, curé de Sainte- Livrade , auquel je dois de nombreux renseignements, a trouvé sur un registre des Péni lents la mention de cet édifice qui sans doute avait remplacé quelque vieil oratoire.

L’ancien cimetière de Casseneuil, situé au-devant de la façade de l’église, renfermait peut-être un plus grand nombre de tombes que celui de Sainte -Livrade. Il y a quelques années qu’on l’a détruit complètement pour niveler une place et réduire la pente d’une route. Par-dessous des couches de terre profondes s’étendait une nécropole dans laquelle les tombes bâties, contiguës les unes aux autres, ressemblaient aux alvéoles d’un rayon de cire. Chaque auge avait son mobilier céramique. Ni les poteries ni les objets divers, trouvés pèle -mêle avec les ossements , n’ont été conservés. Je n’ai pu avoir qu’une relation incomplète de ces découvertes. On a remarqué qu’une seule tombe renfermait trois squelettes. Le mode de construction et de couverture était le même qu’à Sainte -Livrade.

A Bias (Villeneuve) , en creusant des fosses nouvelles dans le cimetière , on a découvert à plusieurs reprises des sépultures analogues. M. le curé m’a fait remarquer des briques qui formaient le couvercles de ces tombes. Elles étaient rabattues en biseau sur un côté afin de s’ajuster mieux pour former un angle aigu.

A Hauterive , près de Pinel , et à Beaugas , dans le cimetière actuel, on a fait de pareilles découvertes. Dans cette dernière localité on a recueilli, m’a -t- on dit , des lampes en terre cuite dans les tombes. Partout on a rencontré ou des vases de verre ou des poteries.

* Voir Revue des Sociétés savantes , v* série, t. n, p. 94.

DE L’AGENAIS

Malheureusement je n’ai jamais pu assister aux fouilles qui ont amené ces diverses découvertes. Je serais reconnaissant à qui voudrait m’avertir à temps pour que je pusse prendre des notes complètes sur les inhumations de ce genre. Je suis persuadé que ces sépultures appartiennent à une époque bien tranchée et que leur étude serait fort intéressante. Il faut noter que toutes ces localités, Sainte- Livrade, Casseneuil, Bias, Pinel, Beaugas , sont peu éloignées les unes des autres. Je n’ai pas appris que des cimetières analogues aient été découverts sur d’autres points du département. Aurions- nous affaire à un usage local ?

Malgré le peu de renseignements que j’ai pu obtenir, je suis disposé à attribuer les tombes creusées dans la pierre ou dans le tuf, ainsi que les tombes bâties en pierre ou en brique , aux xe , xie et xue siècles.

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