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Vie de Giuliano da Majano, par Vasari

3. M. de Montaiglon s'est beaucoup occupé de cet artiste dans les Archives de l'art français, i852, 62, 78 et 79.

SABBA DA CASTIGLIONE.

Davillier possédait une des anciennes épreuves de plâtre mentionnées par Vasari \

Arrivons maintenant aux cabinets de médailles et de pierres gravées :

« Il y en a qui recherchent, pour décorer leurs cabinets, les médailles antiques d'or, d'argent et de bronze ou, à défaut d'antiques, les médailles modernes fondues par Giovan Corona, Vénitien, très soigneux et très net dans ce travail ; — ou les ouvrages très délicats de mon ami Caradosso, lequel, outre sa grande connaissance dans l'art de monter les bijoux en métal, en or, en argent, en ronde-bosse ou en bas-relief, est sans égal de nos jours, comme on peut le voir dans la ville de Milan par son écritoire d'argent faite de bas-relief, ouvrage de vingt-six années et certainement divin ; — ou les camaïeux, les cornalines et les intailles de Pietro Maria del Tagliacarne, de Menico, de Valerio, de Michelino et autres maîtres habiles et célèbres dans ce genre de travail ; — mais surtout, si on peut se les procurer, les très excellents et très nobles ouvrages de mon ami Giovanni del Castello qui, dans les travaux semblables, principalement dans l'art de graver les pierreries et le cristal et de faire les coins des médailles en creux et en relief, a dépassé tous les autres modernes... )>

Les collections de médailles sont peut-être les plus anciennes collections connues. L'abondance des échantillons, leur attrait historique, les portraits qu'ils représentent, le petit volume des pièces, le peu de place qu'elles occupent, la facilité de les ranger, de les classer

i. Galette des Beaux-Arts, XVIII, 218.

méthodiquement sur des tablettes, de les faire voyager avec soi sans encombrement et sans danger, avantage précieux dans ces temps troublés, tout concourait à populariser le goût des médailles; c'était un luxe commode, tentant, à la portée dè tous, une manière d'érudition élégante et qui demandait un apprentissage peu compliqué. Les collections de médailles furent donc très à la mode pendant la Renaissance '. L'amateur qui recherchait les antiques complétait les séries de son médaillier avec les beaux portraits modernes du Pisanello et de ses confrères. On collectionnait même les épreuves de plomb ou d'étain, épreuves d'essai tirées à petit nombre par l'artiste pour juger de l'effet de son œuvre et, par cela même, d'une grande finesse. Sabba raconte l'histoire d'un grand seigneur de sa connaissance qui « avait, par la grâce de Dieu, un cabinet rempli de médailles de bronze, d'étain et de plomb, et paraissait y prendre grand plaisir, uniquement parce qu'on lui avait dit que ce goût était intelligent et de bon ton2».

Suivant son habitude, Sabba ne parle que des maîtres qu'il connaît ou qu'il a connus dans sa jeunesse. Le Vénitien Giovan Corona ne figure ni dans Vasari ni dans le recueil de M. Armand. Sur Caradosso, je n'ai rien à apprendre aux lecteurs de la Galette, qui connaissent les savantes recherches d'Eug. Piot et de M. Eug. Muntz; ce dernier a publié dans ta Revue numismatique un document curieux qui complète ce que l'on savait déjà de Fécritoire d'argent citée par notre

1. Voir, sur les cabinets antérieurs à la Renaissance, les Précurseurs de la Renaissance, par Eug. Mûntz.

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