‹ Études sur l'art et la curiositéChapitre 33 sur 56 · Td., ibid · texte numérisé non relu

Td., ibid

C'est le dernier effort de Saint-Porchaire. Sous l'influence de Palissy, lézards, rainettes, scarabées, émaux de couleur et flambés, introduits d'abord timidement dans la décoration, finissent par l'envahir tout entière. C'en est fait de la poterie incrustée. La fabrique se transforme, se met à la mode nouvelle, et nous voyons Tascher composer des imitations complètes du maître favori de la cour.

Bientôt la faïence de luxe disparaît elle-même pour faire place à la vaisselle émaillée de Limoges, qui disparaît à son tour devant la vaisselle métallique d'argent et d'or. Désormais, Saint-Porchaire ne fabriquera plus que de la poterie commerciale.

La monographie de M. Delange (1861), reproduit sous le nom de faïences de Henri II, les cinquante-deux spécimens connus à cette époque. Depuis, plusieurs pièces ont été découvertes, d'autres ont changé de mains. Le catalogue est donc à refaire et nous tenterons peut-être ce travail un jour ou Tautre; pour le moment, nous nous bornons à signaler les acquisitions les plus importantes des vingt dernières années.

Trois morceaux admirables de la collection Andrew Fountaine (Londres, 1884) sont rentrés en France : le chandelier d'Anne de Montmorency, adjugé à M. Dutuit au prix de 91 875 francs; le biberon, payé par le même amateur 2Ô5i3 francs, et le mortier (veilleuse), acheté 39 375 francs par M. Mannheim (aujourd'hui à M. Morgan).

Par contre, la France a perdu deux des spécimens portant les armes de Pierre de Laval-Montmorency, que M. Basilewski avait achetés à M. le duc d'Uzès. Ils sont en Russie, au musée de l'Ermitage.

Une petite coupe d'une forme originale a été acquise par M. Engel Gros, de Bâle; la belle salière de la vente d'Yvon, et un magnifique chandelier, par M. le baron Alphonse de Rothchild. Une salière, payée 1 2 000 francs (vente Stein, 1886), se trouve aujourd'hui à Cologne, chez M. le baron Von Oppenheim.

La collection Magniac, the Cohvorth collection, comme on l'appelait de l'autre côté de la Manche, possédait une des pièces les plus célèbres de Saint-Porchaire, une aiguière d'une dimension et d'une forme exceptionnelles, provenant du cabinet Odiot père. A la vente de cet amateur, vers 1842, l'aiguière fut achetée par M. Delange, lequel en parla à M. Magniac. Celui-ci la refusa tout d'abord, alléguant l'absence du chiffre ou des emblèmes royaux, qui passaient alors pour un signe indispensable d'authenticité; cependant, sur les instances de M. Delange, il finit par ouvrir les yeux et paya l'aiguière 2400 francs. Peu de temps après, il en refusait mille livres sterling. La Cohvorth collection a été vendue en juillet 1892, et la belle aiguière a été acquise par M. Lowengard pour 3990 livres, c'est-à-dire 100000 francs. Aujourd'hui, elle appartient à M. le baron Alphonse de Rothschild.

Ce magnifique échantillon 1 mesure 37 centimètres de hauteur. La panse ovoïde et d'un galbe superbe est entièrement couverte d'un treillis d'entrelacs, dont chaque interstice renferme un G. Nous avons expliqué jadis2 le sens infiniment probable de cette lettre; elle ne saurait être l'initiale de Goumer, comme le pensait Benjamin Fillon, pour bien des raisons, notamment

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