Lettre à Pierre, citée plus loin
LE MAUSOLEE DE CLAUDE DE LORRAINE. io5
lement disparu. La même année, le 21 juin, le duc vendit encore le Grand Jardin à M. de Thosse, officier de marine, pour 23 000 livres; par un acte sous seing privé, une chambre fut réservée pour le dépôt des archives de l'ancien château et le prix de location fixé à 3 livres par an1. Cette fois du moins, l'acquéreur ne fut pas tenu de détruire ce qui restait des bâtiments.
Le château vendu et dépecé, l'église de Saint-Laurent, qui formait une de ses dépendances, fut supprimée à son tour. Toutefois, avant de statuer sur le sort des sculptures et des peintures qu'elle renfermait, le directoire du district ordonna une enquête et le peintre Joseph Benoist fut chargé de ce travail. Le manuscrit de son rapport, daté du 22 novembre [791, est conservé aux archives de la préfecture de la Haute- Marne sous le titre de Notice des monuments, de peintures, sculptures et autres existants dans la ci-devant église collégiale du chapitre Saint- Laurent de Joinville*. Voici la partie relative.au mausolée de Claude de Lorraine.
« A la droite de la chapelle de la Vierge est celle des Princes; c'est dans cette chapelle que l'on voit le tombeau de Claude de Lorraine, premier duc de Guise, et d'Antoinette de Bourbon, son épouse, aux soins de laquelle et de son fils François, duc de Guise, est dû ce monument.
« Le frontispice a, dans la totalité, 18 pieds (6 mètres) de hauteur; la façade divisée en trois portiques, celui
1. Archives delà maison d'Orléans, citées par de Bouillé, I, 23 1. Le Grand Jardin appartient aujourd'hui à Mme Salin et à ses enfants.
2. Je dois la connaissance et la communication de cette pièce curieuse à M. Louis Collin, conservateur des archives de la Haute- Marne.
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du milieu large, pour laisser apercevoir le tombeau qui est dans le fond. Ce monument a douze pieds (4 mètres) dans sa largeur. Les quatre vertus cardinales ornent cette façade et sont adossées aux trumeaux qui séparent les portiques. Ces figures ont six pieds (2 mètres) de hauteur, sont d'albâtre1, d'une très grande beauté; les draperies, jetées avec le plus grand art, laissent apercevoir les formes... Les chapiteaux, ainsi que la corniche et tout l'entablement, est (sic) d'une très belle pierre blanche, dont le grain fin a donné à l'artiste la facilité de polir son travail et de le faire avec délicatesse.
« Claude de Lorraine, à genoux devant un prie- Dieu, dans l'attitude d'un homme qui prie avec ferveur, est couvert d'un manteau ducal doublé d'hermine. Derrière lui, Antoinette de Bourbon, aussi à genoux, est vêtue de même, ayant une couronne en cuivre doré sur la tête. Ces deux figures, un peu plus grandes que nature, ainsi que le prie-Dieu, sont en albâtre et travaillées avec autant d'art que les précédentes figures. La galerie au-dessus de l'entablement, les pilastres et les corniches sont de la même pierre que tout le reste du monument, et les intervalles remplis en stuc et en marbre.
« Une autre galerie, posée au-dessus de celle que je viens de décrire en amortissement, est coupée au milieu par une espèce de niche dans laquelle sont en relief les armes de Lorraine en marbre. Dans les compartiments dont les deux côtés sont composés, il y a aussi deux écussons en marbre blanc, des armes2 en bas-relief, et
1. Ces figures sont de marbre blanc et reposent sur un socle de pierre.
2. Claude de Lorraine portait parti en Dal contre pal de quatre
deux écussons des chiffres de Claude et d'Antoinette.
« Le monument, dans lequel on entre par une des arcades qui estentre les cariatides, a douze pieds (4mètres) de longueur sur six (2 mètres) de profondeur, et de hauteur quinze (5 mètres), et se termine en voûte. Dans les tympans sont représentées la Foi, ia Religion et, de l'autre côté, la Charité et l'Abondance. Ces figures sont posées au-dessus d'une corniche qui termine l'architecture, qui est bien traitée. Les intervalles des pilastres sont divisés en compartiments en stuc; aux deux extrémités sont'deux espèces de niches, dans lesquelles il y a des bas-reliefs incrustés. Deux autres bas-reliefs sont posés sous deux petits vitraux qui sont aux deux extrémités du sarcophage. Deux amours de marbre blanc servent de supports à un œil-de-bœuf; ils sont en pleurs, éteignant leurs flambeaux. Une tête de mort ailée sert dégrafe au bas de l'œil-de-bœuf. Le tout est d'un grand goût et supérieurement traité.
« Le sarcophage a sept pieds (2m,3o) de longueur, et quatre (im,3o) de largeur. Une base de pierre de touche de quatre pouces d'épaisseur, porte un massif de deux pieds de haut, revêtu de bas-reliefs sur les trois faces qui, avec les quatre dont j'ai parlé, présentent les principales actions de Claude de Lorraine. Cette partie est couverte par une corniche, aussi de pierre de touche, qui a environ six à huit pouces d'épaisseur.
« Quatre griffes de cuivre supportent un entablement de pierre de touche de onze pouces d'épaisseur, sur sept pieds(2m,3o) de longueur etquatre pieds fim,3o)
royaumes et quatre duchés et une sur le tout, savoir : i° Hongrie; 2e Naples et Sicile; 3° Jérusalem; 4» Aragon en chef; 5° Anjou: 6° Gueldres; 70 Juliers; 8° Bar en pointe; 90 Lorraine sur le tout. L'écu chargé d'un lambel de gueules en chef. Feriel, Notes mss.
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de largeur. Sur cet entablement sont posés les corps nuds et dans un état de mort de Claude et d'Antoinette, sur des matelas, ayant sous leur tête des coussins. Ces deux figures honorent l'artiste qui les a produites et méritent des soins que l'on ne prend pas. L'humidité altère le stuc du lieu où elles sont et laisse une espèce de sel sur les bas-reliefs, qui nous priveroit bientôt d'un des plus beaux monuments qui existent en France l.
« Une tradition que je ne combattrai point attribue ce monument à Michel-Ange, qui le fit à Florence, d'où on l'envoya. Il pourroit se faire, parce que Michel- Ange vivoit dans ce temps; qu'il n'est mort que dix ans ou douze après l'érection de ce monument. D'autres l'attribuent à un nommé Girardot. M. Grosley a fait sur cet objet des dissertations et des conjectures vraisemblables. Le savant dom Calmet, dans la grande histoire de Lorraine, en parle et en a même donné la gravure qui, quoique mal dessinée, en donne une grande idée; il y a trente ans que je Tai vue et m'en rappelle bien faiblement 2.
1. Grosley, dans une lettre à Pierre, premier peintre du roi, décrit ainsi, en 1777, le sarcophage : « Sur ce sarcophage sont jetés les cadavres, plus grands que nature, du duc et de la duchesse, dans l'état où ils se trouvoient après l'embaumement; le ventre de celui du duc est cousu, après avoir été ouvert pour cette opération. Or, la clef de la demi-arcade du milieu porte une tête de mort couronnée, à laquelle l'artiste a su inspirer un air de dignité et de fierté; et sur le stylobate, dans le point correspondant à la clef, on voit un masque de Venise, qui paroît s'y être raccroché, en se détachant de la tête de mort. Et cette tête et ce masque, l'un et l'autre exécutés en marbre, s'offrent d'abord à l'œil qui, à travers les arcades de la façade, se porte dans l'intérieur du tombeau où il ne saisit que le profil des deux cadavres. Vous sentirez, monsieur, mieux que personne, le prix de cette idée, plus susceptible d'une profonde méditation que d'un minutieux commentaire. »
2. L'Histoire de Lorraine, de Dom Calmet, ne donne point la gra-
« L'épitaphe en cuivre attachée à ce monument donne le sujet des bas-reliefs; c'est pourquoi j'ai jugé à propos de la placer ici. Elle est sur une lame de cuivre de quatre pieds (rn,3o) de longueur sur seize pouces de hauteur 1 : Memorle etern^e, Claudio a Lotharingia Renati Régis Sicili/e filio, Guisi^e et Aumall^e duci primo, marchioni menie, joinvill/e baroni, campanile seneschallo, et in eo gomitatu primum mox in burgun-
DLE ETIAM DUGATU PRO REGI, MAGNO FRANCISE GhAMBELLANO,
Gallor. Helvetior, ac Germanor. peditum Duci, Turm.e gentum cataphractor. equitum prj2fecto, optimo principi, patris patrice nomen adepto, parta insigni victoria
DE ÎLERETICIS HOSTIBUS AD SaVERNUM AlSATIjE OPPIDUM, ET Burgundis ac Belgis CIVIBUS CONSERVATIS, IMMATURA MORTE MAGNO OMNIUM DOLORE AC LUCTU EXTINCTO, AnTO- NIA UXOR BORBONIA MARITO INCOMPARABILI ET SEX FILII PARI PIETAJE PARENTI OPTIME MERITO MŒSTIS. POSUERE. VIXIT ANNOS LI III, MENSES V, DIES XXVI, OBIIT, ANNO POST Christum NATUM M. D. L. PRID. ID. APRIL. »
Le peintre Benoist et son rapport arrivaient trop tard. Conserver des tombeaux superbes et des épitaphes fameuses, souvenirs abhorrés du « fanatisme et du nobilisme », on n'y songeait guère. La meute était lâchée, elle voulait la curée. Dans la nuit du 19 au 20 novembre 1792, le Directoire du district fait ouvrir tous les caveaux, éventrer les cercueils et jeter pêle-mêle ossements et cadavres dans une fosse creusée secrètement au cimetière du château. Dès le matin, le bruit de cette
vure du mausolée de Joinville, mais seulement celle du monument de Ferry II .
1. Nous rétablissons l'orthographe latine, passablement estropiée par le peintre Benoist.
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profanation à huis clos se répand en ville; une véritable émeute éclate chez ces braves gens, fiers de leurs grands souvenirs et fidèles aux anciens bienfaiteurs de la cité. La fermentation augmente d'heure en heure ; le Conseil municipal, réuni à la hâte, en appelle au Directoire. Bref, on décide d'accorder « satisfaction prompte et solennelle à l'opinion publique 1 ». L'exhumation immédiate est ordonnée; on retrouve entiers les corps de Claude et de François de Guise, noircis par le temps et couverts de terre; ils étaient vêtus d'une étoffe de soie, et François, reconnaissable à sa haute stature, portait encore sa balafre historique. « Pendant deux jours, ils furent exposés au chœur de l'église Saint-Laurent, où le peuple se portait en affluence. On prit leurs cheveux, on coupa des morceaux de leurs vêtements, qu'on emporta comme autant de reliques. Enfin, le 2 3 novembre, un convoi nombreux accompagna ces vénérables restes à l'église Notre-Dame, où un service funèbre fut célébré. De là le cortège se rendit à l'hôpital fondé par les princes de Guise, puis il vint déposer religieusement leurs ossements dans le cimetière paroissial2. » C'est là que reposent, désormais confondus, les restes du sire de Joinville, de ses successeurs et des ducs de Guise.
Le Directoire avait dû céder, mais il allait prendre sa revanche. Quelques jours après, le 27 novembre 1 792, il adjugeait au sieur Berger, pour le prix de quatre mille cent cinquante livres, « l'église Saint-Laurent, le cloître y attenant, la galerie, le logement du sonneur et la
1. Registre du Conseil municipal; J. Feriel, Hist. de Joinville.
2. Hist. de Joinville. Voir aussi la lettre du maire L. Royer au préfet de la Haute-Marne, en date du i3 mai 1818; ibid., appendice.
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chapelle des princes, tout ensemble, à la re'serve des marbres qui sont dans ladite e'glise et du jeu d'orgues1 ». Tout fut impitoyablement démoli, le mausolée comme le reste; il fallait bien le mettre en pièces pour laisser l'acquéreur enlever la pierre qu'on lui avait vendue, et le Directoire arracher de ces « sépultures fastueuses » le fer, le cuivre et le plomb réclamés par le ministre de la Guerre.
Dans ce bouleversement, quel fut le sort des statues et des bas-reliefs, qui, depuis deux siècles et demi, faisaient l'admiration des visiteurs ? Enlevées brutalement, sans précautions, à la hâte, par des ouvriers insouciants, qui ne voyaient dans les plus beaux chefsd'œuvre que des blocs et des matériaux, les figures de Claude et d'Antoinette furent rompues, jetées à terre, et leurs débris jonchant le sol disparurent avec les décombres et les gravois.
Deux cariatides du portique échappèrent au massacre par un singulier hasard. En supprimant l'aiguière et la coupe de la Tempérance, on en fit Y Egalité, et la Justice, privée de sa balance, devint la Liberté1. Grâce à la métamorphose, les deux statues servirent aux fêtes de 93 et traversèrent les mauvais jours sans nouveau dommage. Elles sont conservées à la mairie de Joinville, dans une des salles du Conseil municipal.
Quatre figures de marbre blanc, placées jadis dans les tympans de la voûte intérieure du mausolée, se trouvent aujourd'hui dans l'escalier du musée de Chau-
1. Revue de Champagne et Brie, de décembre 1 883 : notice très intéressante, signée H. G.
2. Voir le dessin de cette figure dans la Galette des Beaux- Art$r 2e pér., XXX.
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mont. Elles représentent la Foi, la Religion, la Charité et Y Abondance, avec leurs attributs, d'un travail excellent et du plus beau style1.
La dalle de marbre noir qui portait les corps gisants de Claude et d'Antoinette était restée cachée derrière une cuve, chez un habitant de la ville. En 1841, la Liste civile en fit l'acquisition pour la placer au cimetière de Joinville, à l'endroit où reposaient les restes des sires de Joinville et des ducs de Guise exhumés en 1792 2.
Quant aux bas-reliefs qui entouraient le sarcophage, ils servirent de matériaux pour les constructions voisines. Or, un jour, M. Didier Hanin, peintre et amateur, demeurant à Joinville, découvrit deux de ces marbres en morceaux, encastrés dans les fondations d'un mur. M. Didier Hanin possédait une collection de portraits des ducs de Guise, provenant de la vente du docteur Millière de Joinville; il acheta les bas-reliefs pour les réunir à son cabinet3. Ses héritiers les vendirent à M. Délie, de Saint-Dizier, notaire au Havre, et celui-ci les fit transporter dans une maison qu'il avait fait bâtir aux environs, à Manéglise. C'est là qu'ils furent encore une fois découverts par M. Legrand, tapissier au Havre, appelé à Manéglise après la mort de M. Délie. M. Legrand, ignorant l'origine des bas-reliefs, mais frappé de leur perfection, s'empressa de les acheter et les amena dans ses magasins. Pendant dix-huit mois, il tenta vainement de les vendre; de guerre lasse, il
1. Quelques autres bas-reliefs de la même provenance sont encore conservés au Musée de Chaumont. Voir la Galette des Beaux- Arts du Ier mars 1899, article de M. Alph. Roserot.
2. Voy. le dessin fait d'après nature, en 1841, par F. -A. Pernot, au Cabinet des Estampes; Topographie de Joinville.
3. Revue de Champagne et Brie, notice déjà citée, signée H. G.
prit le parti de les envoyer à l'hôtel Drouot. La vente a eu lieu le 19 mai 1884, et les restes du tombeau de Claude de Lorraine, achetés 6 25o francs, sont entrés dans la belle collection de M. Emile Peyre, un architecte plein de talent et un amateur plein de goût.
Les cariatides et les deux bas-reliefs 1 sont de marbre blanc. La cariatide a 2 mètres de haut; elle semble s'affaisser avec grâce sous le poids de l'entablement. Les bas-reliefs mesurent im,75 sur om,75. Le premier représente le siège d1une ville, de Saverne probablement; par malheur, on n'a pu ^sauver que trois fragments cruellement endommagés. Le second, qui se présentait de face en entrant dans le mausolée, a beaucoup moins souffert; un des angles n'existe plus, plusieurs figures, notamment celle du personnage principal, sont mutilées ; mais ce qui reste suffit pour attester la virtuosité du maître. Assis sur un char antique, Claude, vêtu à la romaine, est traîné par des chevaux fougueux, la taille petite et ramassée, l'encolure frémissante; une Victoire ailée le couronne de lauriers. Au premier plan, une femme gracieusement étendue, rappelle, par la pose de la tête et du bras, la Nuit de Michel-Ange; plus loin, un soldat, replié sur lui-même, est foulé aux pieds par les chevaux. En avant marchent les captifs, un enfant se serrant contre sa mère, des femmes en pleurs, la tête basse, les cheveux épars. Derrière le char, un per-
1, Voir les dessins dans la Galette des Beaux- Arts, 2e pér., XXX.
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sonnage à cheval porte un écusson aux armes des Guise; au fond, le cortège des cavaliers. La composition est supérieurement menée,, le dessin distingué, les têtes petites, les attaches fines, les draperies légères et discrètes, le ciseau souple, délicat, contenu. On sent d'un bout à l'autre je ne sais quelle élégance sans emphase et sans tapage, l'allure aisée d'un maître de la grande école, en pleine possession de sa maturité. C'est un art mixte, italien d'origine et naturalisé français, très voisin de Jean Goujon et de Germain Pilon, sans être du premier, qui est plus grand et plus français, ni du second, trop jeune alors pour une œuvre de cette envergure.
Quel était donc, en i 55o, dans la région champenoise, l'artiste capable d'exécuter de cette façon un pareil morceau? A vrai dire, on l'avait oublié; l'auteur du mausolée de Joinvilie était inconnu. Les uns prononçaient le nom commode de Michel-Ange, père banal et traditionnel de tous les chefs-d'œuvre sans état civil. D'autres attribuaient le monument à Domenico Ghirlandajo !, bien qu'il fût mort un demi-siècle auparavant. On avait même imaginé — le peintre Benoist l'assurait toutàl'heure — un certain Girardot,personnageinconnu, dont le nom pourrait bien être la variante francisée de Ghirlandajo. Pour les uns, le mausolée avait été fait à Florence2, pour les autres, à Joinvilie.
Feriel, historien précis et consciencieux, voulut voir les choses de plus près; en 1842, il écrivait3 : « Ce