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Voy. la note en tête de cette notice

2. Galette des Beaux-Arts, mai 1875. Voir à ce sujet le Journal de la Société d'archéologie lorraine, mars i885, étude de M. Léon Germain, et la Revue des Arts décoratifs, mars 1889.

3. C'est une note de M. Albert Babeau (Dominique Florentin, page 26, note 2) qui m'a mis sur la trace de la lettre de Grosley, perdue jusqu'à ce jour dans le Journal encyclopédique.

contient une Lettrée de Grosley à M. Pierre, premier peintre du Roi et de M%r le duc d'Orléans; dans cette lettre, Grosley rend compte d'une visite qu'il a faite au tombeau du chef de la maison des Guise ; il décrit le mausolée et continue ainsi :

« Sur ma demande, M. de Belisle donna ses ordres aux agents de M*v le duc d'Orléans, dans la principauté de Joinville, pour l'examen des anciens comptes, s'il en existait dans les archives, de i55o à i56o. Cet examen procura enfin les lumières que j'avais pressenties. Par les comptes de i55o à 1 555, on apprit que Dominique Florentin et Jean Picard, dit le Roux, son associé, avoient entrepris et exécuté ce monument; que Dominique, qui avoit son domicile à Troyes, en avoit suivi l'exécution pendant deux années ; que Jean Picard, son associé, résidoit tantôt à Fontainebleau, tantôt à Meudon, où il travailloit pour le cardinal de Lorraine ; que le marbre, l'albâtre et les pierres de couleur furent amenés à grands frais d'Italie à Joinville; enfin, que d'après un relevé des sommes portées en dépense pour cet objet, il avait coûté 8 000 livres, somme alors très considérable et digne de la magnificence d'une maison qui voyoit tout en grand. M. de Besmond, chargé de cette recherche, joignit à sa réponse du ier décembre 1769 la copie de deux quittances que je joindrai à la présente. »

Suit le texte de ces quittances :

« En présence de nous, notaires au tabellionnage de Joinville, souscrits, maîtres Dominique Florentin et Jehan le Roux, ymaigiers, demeurans à Troyes et Fontainebleau, ont cognus et confesse^ avoir eu et receu de Denis Rochereau, escuyer, thrésorier de haulte et puis-

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santé princesse Mme la duchesse douanière de Guise et dudit Joinville, la somme de 40 écus au soleil, sur et en desduisant de ce qui leur est deu pour la sépulture de feu M"v le duc de Guise, qu'ils ont convenu et marchandé faire. De laquelle somme de 40 écus, lesdits Florentin et le Roux se sont tenus pour contents. Témoings nos seings manuels cy mis, le pénultième jour de janvier i55 1 . Signé : R. Hayot et de Rinel. »

« Je, Dominique Florentin, demeurant à Troyes, confesse avoir receu, tant pour moy que au nom de Me Jehan Picard dict le Roux, demeurant pour le présent à Meudon, la somme de soixante-quatre livres dixneuf sols tournois pour la parpaye (solde de compte) de la somme de 65 o écus soleil, qu'ils dévoient avoir pour la façon de la sépulture de feu M^' le duc de Guise, et ce par les mains de Denys Rochereau, thrésorier et receveur général des finances de Mme la duchesse douairière de Guise ; de laquelle somme ledit Dominique a promis acquitter ledit sieur thrésaurier envers ledit Picard et tous autres, par la présente signée de sa main, le 2g décembre 1SS2. Signé : Domenico Fioren-

TINO. ))

Je n'ai pas besoin d'insister sur l'intérêt de ces textes ; transcrits par Grosley, ils ont toute la valeur d'un document authentique1. En somme, des trois collaborateurs annonce's par Feriel, Ligier Richer est hors de causé, il n'est pas question de lui; Jean le Roux, associe' nomade, reste à Fontainebleau ou à Meudon, aux ordres du Roi et du cardinal de Lorraine; sa part dans le

r. J'ai essayé, sans succès, de retrouver les pièces originales. Les archives d'Orléans ont été saccagées une première fois à la Révolution, une seconde fois en 1848.

mausolée, s'il en a une, est secondaire. Dominique Florentin, seul, conduit l'œuvre et dirige les chantiers de Joinville.

Remarquons, en passant, la genèse singulière de certaines attributions. Au xvme siècle, la tradition locale conservait encore le souvenir confus de l'auteur du monument ; on savait qu'il s'appelait Dominique et qu'il' était Florentin, pas davantage. D'autre part, le nom flatteur de Michel-Ange, prononcé par quelquesuns, ne manquait pas de chatouiller agréablement les oreilles. Comment tout concilier? Un grand artiste, Domenico Ghirlandajo, avait précisément le prénom indispensable, il était de Florence et, de plus, le maître de Michel-Ange; qu'il fût mort cinquante ans avant Claude de Lorraine lui-même, on ne s'en préoccupait guère. Et voilà comment Grosley, visitant Joinville1, fut tout surpris d'entendre prononcer le nom de Dominique Ghirlandajo, qui n'était après tout qu'un souvenir dégénéré de Dominique Florentin, le témoignage d'une tradition persistant à travers les siècles.

La biographie de Dominique Florentin est toute nouvelle-, M. Albert Babeau Ta racontée dans un excellent mémoire plein de détails pris aux bonnes sources et de renseignements inédits2. Né à Florence au début du xvie siècle, Domenico del Barbiere, surnommé Fiorentino, arriva de bonne heure en France, sans doute avec le Rosso, qui lui témoignait une affection particulière3. Peintre, graveur, sculpteur, orfèvre, décorateur, mosaïste, « dessinateur extraordinaire et le meilleur de

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