Vasari, Vie du Rosso
tous », dit Vasari1, Dominique fut un des artistes les plus occupés du xvie siècle. On le trouve à Paris, à Fontainebleau, à Meudon,à Joinville et surtout à Troyes, sa résidence habituelle, où il exécute son chef-d'œuvre, le jubé de Saint-Étienne, détruit par la Révolution2. Après la mort de Henri II, Catherine de Médicis le charge de modeler en terre « en forme de priant à genoux, l'effigie au vif du feu roy, pour ledit modèle fondre en cuivre3 ». C'est encore la reine mère qui lui commande le beau trépied de marbre blanc qui supporte les Trois Grâces, de Germain Pilon4, et le vase de métal qui surmontait jadis le groupe et devait contenir le cœur du roi. On connaît de lui des planches d'ornements gravés et l'on sait qu'il fabriquait des modèles pour les orfèvres. M. Babeau signale, dans une des statues du maître, certains ornements du costume traités avec un soin précieux ; la même particularité se remarque dans les sculptures de Joinville : les entrelacs de la tunique de la Justice, les casques et les armures du bas-relief, les roues du char, l'écusson aux armes des Guise dénotent une main familiarisée avec les pratiques de l'orfèvrerie.
Avec des aptitudes si multiples, un talent de premier ordre, une renommée acquise, le souci des grandes affaires et les exigences d'une clientèle royale, le Florentin ne pouvait, malgré ses déplacements continuels, suffire à toutes les commandes; il prenait des collaborateurs intéressés. En 1549, Dominique s'associe avec