‹ Études sur l'éloquence attiqueChapitre 12 sur 51 · Tliéophrasle, dans Denys d'Halicarnasse, Lys., XIV · texte numérisé non relu

Tliéophrasle, dans Denys d'Halicarnasse, Lys., XIV

serve de l'éducation des sophistes plus d'un défaut: quelque chose de trop ingénieux dans les idées, et, dans la forme, l'abus des oppositions et des antithèses. Ces reproches sont loin de lui être constamment applicables. De plus, remarquons l'affinité du second de ces deux défauts avec une qualité toute grecque et tout athénienne. C'est au moyen des oppositions que la phrase grecque arrive à ce degré de clarté si nécessaire à l'orateur, et qu'elle peut se prêter avec tant de souplesse à reproduire les nuances les plus fines de la pensée. « Les distinctions et les oppositions sont les instruments de précision de l'esprit l : » la langue de Lysias, si juste et si exacte, devait en user beaucoup.

Quelle que soit la portée de ces diverses considérations, l'idée qui les a fait naître est incontestable : le talent de Lysias comme écrivain a pour principes la vérité et la proportion. Toutes les qualités de son style en sont les conséquences ou les accessoires.

Ainsi, on y louait nécessairement la propriété de l'expression et la pureté du langage. Denys d'Halicarnasse2 appelle Lysias le canon de l'atticisme. Cet éloge a une grande valeur. C'est ce qui prouve le mieux que, malgré son long séjour en Sicile, il

1. Cette phrase appartient à la remarquable introduction de M. Havet rix Pensées de Pascal.

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