Lys., II
était de son pays. On sait avec quel soin jaloux les Athéniens protégeaient la langue nationale contre toute invasion étrangère ; on sait qu'en retour elle seule leur suffit pour défier les rivalités du reste de la Grèce et pour conserver une dernière supériorité, même après que l'éloquence, selon la belle expression de Cicéron l, quittant le port duPirée, eut fait voile vers les îles et vers les rivages de l'Asie.
A ces deux premières qualités, Lysias en dut en partie deux autres, dont l'alliance est assez rare, la clarté et la concision. Pour la clarté (ca^veta, eppr veta), mérite indispensable, surtout à l'orateur, dont l'auditoire n'a pas le temps de chercher la pensée, Denys d'Halicarnasse va jusqu'à préférer Lysias à Démosthène. La concision avait chez lui un caractère qu'exprime bien une phrase grecque dont l'équivalent est difficile à trouver en français : -/) su arpétp outra xà vor^aTa xat crpoyyuXio; Ixoepouffa Xs;t; 2. Son style n'était point formé de traits brefs et détachés, mais condensait, pour ainsi dire, les pensées de manière à en former un ensemble compacte (xb eÙTiayè; twv Xo'yojv 3) aux contours nets et parfaitement arrondis. De là résultaient de la fermeté et de l'énergie sans dureté. Thrasymaque, d'après