‹ Études sur l'éloquence attiqueChapitre 14 sur 51 · Photius, coU · texte numérisé non relu

Photius, coU

l'autorité do Théophraste, l'avait précédé, sinon égalé, dans cet art difficile. Démosthène le surpassa, mais peut-être en trahissant davantage l'effort et la peine (TZtçiêçytùq xaî 7Tt)cp£îç).

En effet, le naturel et la simplicité sont les caractères constants du talent de Lysias ; ils se mêlent à toutes ses qualités et font son originalité dans chacune. Non-seulement il évite l'emphase, mais il pousse la haine de la recherche jusqu'à éviter les figures : le mot propre, qui ne lui manque jamais, lui. suffit pour rendre toutes ses idées1. Nous sommes bien loin des périphrases ambitieuses et des hardiesses poétiques qu'Aristote 2 releva chez Alcidamas d'Élée. Aussi Lysias, quoique le ton s'élève quelquefois chez lui avec le sujet, est-il pris, dans les distinctions des rhétoriques, pour modèle du genre simple. Le naturel, qui s'allie si bien à cette simplicité, atteint la perfection : on croit entendre le langage spontané d'un homme qui tient du ciel le don précieux de bien exprimer ses pensées, tant la phrase marche avec aisance et tant elle dissimule l'art de sa composition !

Aussi n'est-il pas étonnant qu'on ait dit que Lysias ne s'était nullement préoccupé de l'harmonie. Il eût été plus juste de dire, comme le fait

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