‹ Études sur l'éloquence attiqueChapitre 15 sur 51 · Rhétorique, il · texte numérisé non relu

Rhétorique, il

observer Quintilien ', que son style, ne voulant pas paraître apprêté, n'avait que cette harmonie naturelle, qui est celle de toute phrase bien construite, et dont la conversation elle-même n'est pas dépourvue. Avant qu'Isocrate 2, en découvrant les véritables conditions de l'harmonie des périodes, méritât de passer pour l'inventeur du nombre oratoire, les rhéteurs, en particulier Thrasymaque et Gorgias , avaient enseigné une sorte d'harmonie minutieuse et affectée 3, obtenue par des oppositions symétriques, soit dans la construction, soit dans le son des phrases. Lysias, dans le style de ses plaidoyers, ne tarda pas à se délivrer des habitudes de ce genre qu'il pouvait avoir contractées. Ce fut incontestablement un mérite : lui reprochera-t-on de ne pas avoir trouvé l'harmonie, souvent légitime, mais toujours savante, de la période d'isocrate? Ce serait lui demander l'impossible : une telle condition était incompatible avec cette simplicité et ce naturel qui excitaient tant d'admiration.

D'un autre côté, sa phrase n'est pas non plus celle de ces imitateurs infidèles qui, à l'exemple d'Hégésias de Magnésie 4 , aux cadences mono-

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