‹ Études sur l'éloquence attiqueChapitre 16 sur 51 · Cicéron, Orat., XII, XIII, XLIX · texte numérisé non relu

Cicéron, Orat., XII, XIII, XLIX

4. Cicéron, Brut., LXXXIU; Orat., LXVII; Ép. à Attic, XII, 6.

tones et aux modulations sonores des grandes périodes asiatiques, opposaient un composé puéril d'incises hachées et sautillantes. Lysias, le maître prétendu de ces orateurs, ne leur avait pas donné de pareils modèles. S'il ne vise pas à l'ampleur de la forme, cependant sa phrase prend, quand il le faut, une certaine étendue; elle s'avance alors, sans que rien semble en gêner la marche, amenant successivement et sans inversions forcées l'expression facile de chacune des idées qu'elle contient.

Il n'y a point de style sans une sorte de parure. Quelle sera donc la parure qui pourra s'accorder avec cette simplicité de Lysias, ennemie de tout ornement'? Ce sera une élégance qui résultera naturellement de la netteté et de la proportion ; ce sera plus encore : une œuvre d'art|, quelle que soit la correction du dessin, ne mérite véritablement ce nom que si elle possède ce charme qui, dans la nature qu'elle imite, est le divin caractère de la beauté. Ce charme, qui se sent plus qu'il ne se définit, fut le singulier privilège d'un homme qui semblait si complètement affranchi du désir de plaire. Son style a une grâce particulière que tout le monde reconnut en lui et dont personne ne put lui ravir le secret. C'est, au jugement de Denys d'Halicarnasse i, le caractère dislinctif de Lysias,

Page 1