‹ Études sur l'éloquence attiqueChapitre 17 sur 51 · Lys., XI; Démosth., XIII · texte numérisé non relu

Lys., XI; Démosth., XIII

celui sur lequel on doit se guider quand on hésite sur l'authenticité d'un de ses discours : épreuve qui serait aujourd'hui bien délicate pour notre goût. Cependant nous ne sommes pas complètement incapables de sentir cette grâce inimitable, en nous laissant guider par les témoignages unanimes des anciens i. Peut-être même réussironsnous jusqu'à un certain point à nous en figurer la nature, en songeant à l'effet de ces voiles légers et transparents dont sont quelquefois revêtues les statues grecques : rien n'est plus élégant et plus doux à l'œil que les indications discrètes de leurs plis «simples qui suivent les mouvements gracieux de formes parfaitement proportionnées; et leur charme a quelque chose de plus sensible et de plus pénétrant que la majesté des riches draperies auxquelles fait penser le développement des périodes d'Isocrate et de Cicéron. De même le style de Lysias est un tissu fin qui reproduit naturellement toutes les inflexions de sa pensée sans rien dérober de leur souplesse. Que faudrait-il de plus pour que notre admiration fût complète? Peut-être des formes plus idéales et une vie plus généreuse dans le corps qui respire sous ce vêtement diaphane

1. Cicéron, Orat,, IX. — Denys d'Halicarnasse, dans do nombreux passages. — Quintilien, IX, îv, 17. — Plutarque, De Garrul., 5. « Examine la grâce persuasive de Lysias : « oui. lui aussi a obtenu les faveurs des Muses à la belle a chevelure. »

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