Du Sublime, eh. XXXIV
Longin, avait dit que les figures oratoires dans Hypéride manquaient de mouvement et de puissance, qu'il n'avait pas cette impétuosité terrible qui fait la force de Démosthène ». Enfin, une impression analogue avait dicté le jugement connu de Quintilien, qui, tout en reconnaissant son habileté comme avocat, trouvait que « les petites causes étaient plus à sa taille 2. » Quoi donc? cet homme qui avait recherché avec une telle fougue toutes les émotions de la vie; qui, pendant sa longue carrière politique, s'était constamment jeté avec la même ardeur au milieu des périls de sa patrie, ne lui avait jamais manqué ni dans ses triomphes ni dans ses désastres, n'aurait été qu'un orateur froid et impuissant? Quel contraste étrange entre sa destinée et les paroles que lui en inspiraient les orageuses vicissitudes, entre l'influence qu'il exerça sur ses concitoyens et le talent qui en était la cause et l'instrument! Il serait singulier que la critique littéraire eût été en contradiction aussi formelle avec l'histoire. Aussi n'était-ce pas là ce que voulaient dire ni Longin, ni Hermogène, ni Quintilien.
La critique chez eux prend des formes rigoureuses et absolues, parce que dans leurs examens rapides des orateurs illustres de l'antiquité ils doivent