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L'auteur du drame satyrique A<jcn

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il semblait ne plus rester d'autre alternative que le châtiment ou la révolte. Ils avaient, eux aussi, de l'argent et des mercenaires. Que le signal partit d'Athènes, que l'exemple et l'appui de la plus puissante des villes grecques vinssent stimuler leur audace, assurer l'ensemble de leurs efforts, et sur divers points de l'Asie éclataient des soulèvements, auxquels répondaient les mouvements de la Grèce elle-même, impatiente, au moins en partie, du joug macédonien. C'était la guerre d'Agis renouvelée dans de plus grandes proportions et avec plus de chances de succès. Ce rêve de l'affranchissement de la Grèce préparé par un vaste complot avec l'Asie séduisit l'imagination de plus d'un Athénien, en particulier celle de l'orateur Hypéride, qui nous a laissé le témoignage de ses regrets, et il servit d'argument dans les différentes discussions qui s'élevèrent au sujet d'Harpale.

Cependant , s'abandonner à de pareilles espérances, c'était se fairéd'étranges illusions. Les mercenaires de ces satrapes macédoniens, corrompus par l'Orient, n'avaient de force que contre les populations qu'ils opprimaient. Il n'y avait en Asie qu'une armée et une puissance écrasante , contre lesquelles toute lutte était impossible. Et Harpale lui-même le savait bien, lui qui avait commencé par fuir, espérant plus au fond des hasards de la fortune que de la sagesse d'un plan bien

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médité. En Grèce non plus , ni chez les Athéniens, ni chez les autres peuples , rien n'était prêt pour un effort sérieux : ni le sentiment public qui ne pouvait se prononcer énergiquement en faveur d'Harpale, ni le patriotisme dont rien ne sollicitait les élans enthousiastes, ni les ressources militaires, trop évidemment insuffisantes pour faire face à la fois à l'armée d'Antipater, libre de tout autre soin, et aux troupes que la hotte d'Alexandre, maîtresse de la mer, eût transportées, au besoin, sur le théâtre de la guerre. Aussi, non-seulement les amis de la paix et les sujets résignés de la Macédoine comme Phocion, mais les plus sages partisans de l'indépendance nationale comme Démosthène, combattirent une proposition dont le succès aurait compromis inutilement l'État dans une mauvaise cause; et leur voix fut docilement écoutée parle peuple, qu'effrayait d'ailleurs quelque peu l'appareil à demi menaçant avec lequel se présentait la demande d'Harpale. Cette demande fut rejetée, et il fut enjoint à Philoclès, qui commandait comme stratège à Munychie, de fermer le Pirée aux vaisseaux du fugitif.

Harpale ne se découragea pas. Il envoya sa petite flotte et ses troupes stationner au cap Ténare , rendez-vous connu des mercenaires sans emploi, et se présenta à l'entrée du port d'Athènes avec un seul vaisseau, demandant à être reçu dans la \ i lie

comme suppliant du peuple athénien. Ce n'était plus un rebelle proposant ostensiblement son alliance à la tête d'une petite armée; c'était un réfugié venant seul implorer la bienveillance de la ville la plus humaine de la Grèce, comme elle se le répétait en toute occasion à elle-même. Cette fois il réussit à se faire admettre. Bien entendu, il n'arrivait pas les mains vides. Ses libéralités, ses promesses, ses talents d'intrigue et de débauche lui eurent bientôt fait un parti, surtout parmi les orateurs d'une probité douteuse, et c'est alors qu'il put se croire le plus près de réussir. Cependant le fond des choses restait le même : la cause d'Harpale n'était pas devenue meilleure ; Alexandre était tout aussi en droit de réclamer son argent volé et la personne du voleur, Athènes tout aussi peu en état d'affronter une guerre pour les refuser. Le jour où la guerre sera inévitable , disait Démosthène , il faudra la faire en désespérés : « Je proposerai que chacun s'impose des sacrifices extraordinaires, qu'on fasse fondre les parures des femmes, les vases précieux, les offrandes des temples de toute l'Attique *. » Pour le moment, de concert avec Phocion, il conseillait la prudence à ses concitoyens. Les faits vinrent bientôt l'aider à leur ouvrir les yeux. De divers côtés arrivèrent les récla-

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