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plus sphérique; probablement l’était-il avant l’action du réactif fixateur, mais sur la pièce débitée en coupes il a une forme allongée avec un gros bout et un petit bout. Libre dans la cavité de la corne droite, il est vers le tiers moyen de cette corne et son grand axe obliquement dirigé, de sorte quelle gros bout de l’ovoïde regarde en haut et en dehors. La figure 26 représente, à un grossissement de 100 fois, cet œuf en place : en S est la paroi supérieure, en I la paroi inférieure de la corne utérine, qui est vue ici en coupe longitudinale (comparez avec une coupe transversale donnée dans la figure 28).
Nous devons donner ici quelques détails sur l’épithélium de ces parois utérines, car il se présente à ce stade dans un état encore assez semblable à celui qui le caractérise dans tous les stades précédents, mais dès ce moment cet état va se modifier, au moins dans certaines régions. Cet épithélium est formé de belles cellules cylindriques. Dans tous les stades précédents (par exemple ceux des figures 16 et 19), cet épithélium est vibratile sur toute son étendue. Ce n’est pas à dire que, sur nos coupes de pièces durcies en totalité, on reconnaisse distinctement et puisse compter les cils implantés sur le côté libre de la cellule; mais cette face de la cellule épithéliale présente un contour indécis, formé comme d’un feutrage de courts filaments irrégulièrement agglomérés; au contraire l’épithélium des conduits des glandes est limité, à sa surface interne, par une ligne très nette. L’étude comparée de ces épithéliums, et celle de quelques rares points où les cils vibratiles sont bien nets, nous permet de conclure que l’épithélium de revêtement de la cavité utérine est muni de cils vibratiles dans tous les stades que nous venons d'étudier. Mais, avec le stade actuel, c'est-à-dire avec la pièce des figures 25 et 26, cette disposition commence à se modifier : sur l’épithélium de la paroi inférieure de la corne (I, fig. 26), au niveau des saillies villeuses qui séparent les embouchures des glandes, on trouve encore des aspects qui indiquent la présence de cils vibratiles; mais sur la paroi supérieure (en S, fig. 26) toute trace de ces cils a disparu. Nous donnons, dans la figure 27, un dessin de cet épithélium de la paroi supérieure, afin de bien préciser son état actuel, car la perte des cils prélude à une modification bien plus accentuée, qui va apparaître dès la pièce suivante (fig. 31) et qui aboutira finalement à sa résorption complète.
Quant à l'œuf de cette pièce, la figure 25 en donne la constitution
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mieux que toute description détaillée. La surface de cet œuf est entièrement formée par l’ectoderme, disposé en une couche unique de cellules ; il est'creux, et une partie seulement de sa cavité est occupée par une masse endodermique; cette masse endodermique adhère à la face interne de l’ectoderme sur une étendue peu considérable, et cette adhérence a lieu dans la région qui, sur cet œuf déformé par les réactifs, représente le gros bout de l’ovoïde, région que, vu ses rapports ultérieurs, nous pourrons appeler la face supérieure (antimésométrique) de l'œuf.
VI. La sixième et dernière pièce (Pièce R) est d'un murin récolté en Touraine le 4 avril. Débité en coupes transversales, cet utérus a montré, dans l'ovaire droit, un corps jaune, et d'autre part un ovisac volumineux, à maturité, mais en voie d’atrésie. Dans la corne utérine droite, au niveau de son tiers interne, était un œuf très semblable à celui de la pièce précédente. Nous devons étudier successivement la paroi utérine, au niveau de l'œuf, et l'œuf lui-même.
La cavité utérine, au niveau de l'œuf, est représentée, à un grossissement de 100 fois, dans la figure 28. On voit bien maintenant, dans les parois de cette cavité, les modifications dont nous avons signalé les premiers débuts, en décrivant la figure 7. Un contraste frappant existe entre la paroi supérieure qui est lisse, sans ouverture de glandes, et la paroi inférieure, où les glandes utérines viennent s'ouvrir en abondance, de grosses saillies villeuses proéminant entre leurs orifices. Nous emploierons désormais l'expression de saillies villeuses interglandulaires, de masse villeuse ou coussin villeux pour désigner ces saillies ou leur ensemble. Or, sur ces saillies villeuses l’épithélium a maintenant perdu ses cils vibratiles (fig. 30), qu'il possédait encore sur la pièce précédente (voir la description de la fig. 26). Quant à l’épithélium de la paroi supérieure de la corne utérine, lequel dans la pièce précédente avait perdu déjà ses cils vibratiles, mais était encore formé de belles cellules cylindriques (voir fig. 27), il a subi actuellement des modifications plus profondes. À un grossissement relativement faible, dans une vue d'ensemble (fig. 26), il semble former un revêtement simple et mince de cellules plates, à noyaux bien accentués. À un fort grossissement (fig. 31) on reconnaît que ces cellules ont perdu leur individualité; elles se sont fusionnées en une mince couche d’aspect homogène, vitreux, régulièrement semée
de noyaux, ovoïdes sur la coupe, c’est-à-dire aplatis dans le sens de la surface, et ces noyaux ont pris eux-mêmes un aspect homogène; ils se colorent fortement par l'hématoxyline ou la safranine, mais, au lieu de nucléoles et de filaments ou grains chromatiques, ils ne montrent plus qu’une masse homogène, un peu plus foncée sur les bords que dans le centre. Par toutes nos études antérieures sur les rongeurs et les carnassiers, nous reconnaissons ici les transformations d'un épithélium utérin qui va disparaitre. Pour montrer, par comparaison, les diverses formes épithéliales qu’on rencontre à ce moment dans l’utérus, nous avons, sur la planche I, représenté l’épithélium des saillies villeuses interglandulaires (fig. 30), c'est-à-dire de la paroi inférieure de la cavité de la corne, l'épithélium atrophié de sa paroi supérieure (fig. 31), et enfin l’épithélium d’un tube glandulaire (fig. 29).
L'œuf de cette pièce est très analogue à celui de la pièce précédente. Il est également allongé, ovoïde (fig. 32); avec une grosse extrémité qui, sur la coupe d'ensemble, est dirigée directement en haut (vers la paroi supérieure de la corne, fig. 28), et une petite extrémité dirigée directement en bas (vers le coussin villeux). Nous pensons qu'ici encore cette forme résulte de l’action des réactifs, et que probablement l'œuf vivant était sphérique. Il est creux, c'est-à-dire formé d’une couche ectodermique superficielle, et renferme, dans la partie supérieure de sa cavité, une masse endodermique pleine. Cette masse endodermique adhère à la face interne de l’ectoderme sur une étendue plus considérable que dans la pièce précédente (comparer les fig. 32 et 25); elle est en même temps plus homogène, plus ramassée sur elle-même, c’est-à-dire que les cellules de sa surface libre ne présentent plus trace de prolongements qui les rattacheraient plus ou moins directement à l’ectoderme, ainsi que nous l'avons décrit à propos de la figure 24, et qu'on le voit très légèrement indiqué sur la figure 95.
# Premières udhérences de l'œuf à l'utérus.
Sous ce titre nous décrirons l’état de l’utérus et de l'œuf, alors que celui-ci, formé seulement encore d'un feuillet ectodermique et d'une masse endodermique, commence à remplir la partie du canal utérin où il s’arrête, et se fixe, par simple adhérence, à la paroi supérieure de ce canal. Nous ne possédons de ce stade que deux pièces, donnant des œufs presque identiques; mais l'une est un
Re be utérus débité en coupes transversales, l’autre un utérus en coupes longitudinales.
I. La première (Pièce S; — fig. 22 et 33) est d'un murin récolté en Touraine le 4 avril. Les coupes transversales nous ont montré un corps jaune dans l'ovaire gauche et un œuf dans la corne droite, au niveau de la jonction de son tiers interne avec son tiers moyen.
La figure 22 représente la coupe de cette corne droite au niveau de l'œuf. Elle montre bien l'hypertrophie de la muqueuse utérine, aboutissant aux dispositions dont nous avons signalé le premier début à propos de la figure 7. Ges modifications sont les suivantes : la muqueuse s’est très épaissie; mais sa lumière n’a pas augmenté de diamètre; elle est plutôt rétrécie; les glandes viennent s'ouvrir uniquement sur la paroi inférieure de cette cavité, de sorte que celles qui appartiennent aux parties latérale et supérieure (antimésométrique) de la muqueuse, décrivent un trajet courbe pour venir s'ouvrir sur cette paroi inférieure, où est nettement distincte maintenant la formation dite coussin villeux (saillies villeuses interglandulaires).
La figure 33 reproduit, à un grossissement de 400 fois, l'œuf et la cavité utérine de cette pièce. Pour la cavité utérine, il faut signaler l’état de son épithélium. En bas, sur les saillies villeuses interglandulaires, cet épithélium est formé de belles cellules cylindriques; en haut, au contraire, sur la paroi supérieure, l’épithélium n’est plus représenté que par un liseré amorphe extrêmement fin, semé de quelques rares noyaux plats (ovoïdes sur la coupe), noyaux d’aspect foncé homogène. C'est à ce niveau que l’œuf est en contact intime avec la surface utérine; c’est à ce niveau que se développera l’ectoplacenta. La paroi supérieure de la cavité utérine peut donc être encore dite paroi ou région placentaire, ainsi que nous le verrons plus loin. Sur les parties latérales de la figure 33 on voit les formes graduelles de transition entre l’épithélium cylindrique, à longues cellules, du coussin villeux, et l’épithélium atrophié, en voie de disparition, de la région supérieure ou placentaire.
L’œuf est aplati de haut en bas, changement de forme quiest sans doute de peu d'importance, au moins sur les coupes transversales, car cette forme ne se maintiendra pas toujours dans les stades suivants, et nous ne disposons pas de pièces assez nombreuses pour juger si la forme actuelle est normale ou accidentelle. Get œuf est
ET — encore composé uniquement d’un ectoderme, et d’une masse endodermique pleine. L’ectoderme est formé de cellules qui, par places, sont plutôt cylindriques que cubiques, et tendent à se disposer sur deux rangs. Ces deux détails sont particulièrement accentués sur la paroi inférieure de l’œuf, celle qui répond au coussin villeux, L'endoderme forme une masse pleine, mais qui commence à s'aplatir, à s’étaler, en partant de sa région d’adhérence à l’ectoderme, pour se disposer ultérieurement en un feuillet endodermique revétant la face interne de l’ectoderme.
IT. La seconde pièce (Pièce T; — fig. 23 et 34) est d’un murin récolté à Avignon, le 8 mai. La figure 23 représente, après reconstruction, une vue d'ensemble de l'utérus et des annexes, à un grossissement de neuf fois, comme les figures 1, 4, 6,16 et 19. On remarquera donc que cet utérus, quoique à un état de gestation plus avancée que celui de la figure 19, est moins volumineux que celuici. Ce sont là des différences individuelles qui font que, malheureusement, on ne peut pas juger de la période de gestation où est arrivé un utérus de murin, d’après son volume. Il faut couper un grand nombre de pièces, puis les sérier d’après l’état de l’œuf, puisqu'on ne peut connaître la date de la gestation, et que l’aspect extérieur de la pièce ne donne pas non plus de renseignements. En tout cas on voit, sur celte figure, que, selon la règle absolue, la corne droite est beaucoup plus hypertrophiée que la gauche. Sur ce. sujet, conformément au cas le plus général, mais qui comporte bien des exceptions, c’est dans l'ovaire droit que se trouve le corps jaune.
L'œuf, avec les parois de la cavité utérine, est représenté dans la figure 34, et les dispositions des parties sont si semblables à ce que nous avons vu pour la figure 33, que nous nous abstiendrons de toute description. Nous ferons seulement remarquer que la prédominance de dimension de l’œuf dans le sens transversal nous parait ici chose normale; nous verrons en effet que cette forme subsistera dans les stades suivants, c’est-à-dire que, sur les coupes longitudinales de l'utérus, nous trouverons toujours l’œuf allongé, son plus grand diamètre correspondant à l'axe du canal utérin. L’œuf a donc dès ce moment deux bouts, l’un interne, dirigé vers la partie médiane de l'utérus, l’autre externe, dirigé vers l'ovaire droit, puisque la gestion a toujours lieu, nous le confirmerons, dans la corne droite. De ces deux bouts, l’un correspondra à la tête, l’autre à la région caudale de l'embryon; mais ce n’est que dans les stades