E. Selenka, Sfud. über Entwicklung., V, p. 214 et
parus dans ces dernières années sur la formation de l’amnios demandant à être examinés dans une vue d'ensemble. A cet égard W. Hubrecht ! vient de publier un mémoire éminemment suggestif; mais tandis qu'il recherche l'origine phylogénétique de l'amnios dans la série des vertébrés, et arrive ainsi à des idées singulièrement subversives sur la parenté des mammifères avec les autres vertébrés, les considérations que nous venons d'indiquer (adaptation en rapport avec le petit volume de l’œuf et de la cavité utérine) se rapportent uniquement aux mammifères eux-mêmes, et n'ont même pour objet que de chercher à expliquer comment, dans un même ordre de mammifères, ont pu se produire des modes si divers de formation de l’amnios. La suite de nos études sur les chéiroptères doit nous fournir des éléments pour celte recherche ; nous devons notamment étudier sur le Murin la formation de ce que van Beneden a appelé le proamnios.
2 Ou bien le processus d’épaississement ectodermique avec exfoliation de la couche superficielle et la formation de l’amnios sont choses indépendantes, sans rapport l’une avec l’autre, mais qui se trouvent, pour ainsi dire par hasard, réunies et confondues chez le Murin, par suite d’une condensation spéciale des actes de développement.
3° Dans ce dernier cas, l’exfoliation de la couche superficielle de l’épaississement ectodermique représenterait simplement le départ d’une couche protectrice : l’ectoderme se serait divisé, dans la région embryonnaire de l'œuf, en une couche profonde formative et en une couche superficielle protectrice, et cette dernière n'a plus de raison d’être lorsque se forme l’amnios; elle s’exfolie, ou s’incorpore de nouveau au germe, au moins en partie d’après divers auteurs (Weysse, Balfour, etc.).
Quelle que soit, parmi ces interprétations, celle qui pourra être admise, dans tous les cas, et ceci est la plus importante de nos conclusions, dans tous les cas l’ectoderme formatif, définitif, dérive de l'ectoderme primitif et non du reste vitellin ou masse interne, cette masse interne (masse endodermique) étant destinée à donner uniquement l'endoderme (d'où dérivera plus tard le mésoderme).
Cette dernière conclusion justifie ce que nous avons annoncé dès le début de ce mémoire, après avoir étudié la segmentation chez le
4. A.-W. Hubrecht, Die Phylogenese des Amnious und die Bedeutung des Trophoblastes (Verhandelingen d. k. Ak. te Amsterdam, 1895).
Murin, à savoir que nous reprenions la théorie de la métagastrula, abandonnée par son auteur même, van Beneden. — Chercher la formation de la gastrula d’un animal, c'est étudier le mode de formation de son ectoderme et de son endoderme. Dès que ces deux feuillets existent, la gastrula est constituée. Que la formation du mésoderme et de la corde dorsale aient des rapports avec la gastrulation, cela est certain, mais très variable selon les espèces animales. Nous étudierons l'origine de la corde dorsale chez le Murin, et