‹ Études sur l'embryologie des chéiroptèresChapitre 28 sur 37 · DU · texte numérisé non relu

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la dénomination de plasmodiblaste est excellente, et tout à fait synonyme de plasmode placentaire, elle ne vaut cependant pas mieux que cette dernière expression. Mais d'autre part cytoblaste désigne une disposition qui n’est constante ni d'un animal à l’autre, pi des phases primitives aux phases terminales du développement d’un même placenta. Si donc nous n’adoptons pas d’une manière générale cette dernière dénomination, vu la non-généralité de la formation qu'elle indique, nous ne pouvons pas adopter la première, puisque l’une ne va pas sans l’autre, et qu’elles sont destinées à exprimer un contraste entre deux couches, dont l’une conserve et l’autre perd les lignes de séparation dessinant, autour de chaque noyau, des territoires cellulaires distincts.

Nous nous attendions à voir Van Beneden reprendre l'étude de cette question, qu'il avait su marquer d’un cachet si personnel, et publier un exposé détaillé de ses nouvelles recherches sur le placenta du Murin. Cependant cela ne nous empêchait pas de recueillir les matériaux pour entreprendre à notre tour des recherches, car dans des questions si controversées il est bon que les confirmations des vues nouvelles viennent de différents côtés ‘. Mais, absorbé sans doute par ses admirables travaux sur la cellule, sur sa division et sur les phénomèmes de la fécondation, l’'éminent cytologiste belge paraît avoir laissé de côté, pour le moment, ses études sur l’'embryologie des Chéiroptères, ou tout au moins sur le développement de leur placenta, lequel n’a pas non plus, dans ces dernières années, fixé l’attention d’autres embryologistes, du moins à notre connaissance.

IV. — Mais, du moins, Van Beneden a engagé un de ses élèves à étudier les modifications de la muqueuse utérine pendant la gestation, chez le Murin; et ces recherches ont déjà fait l’objet d’une

4. C'est ainsi que, malgré le beau travail récemment publié par Vernhout (fnstit. Zool. d'Utrecht) sur le placenta de la Taupe, nous venons de consacrer deux printemps à réunir les pièces nécessaires pour reprendre l'étude de cette même question. Malgré nos efforts, et par suite de séries malheureuses dans ces récoltes et leur euvoi, nous ne pouvons encore disposer de pièces assez fraiches, assez bien conservées pour étudier les tout premiers stades de l'œuf, les stades décrits par Heape dans le mémoire analysé ci-dessus. Mais nous avons d'excellentes préparations pour tout ce qui concerne la formation du placenta depuis la première fixation du blastocyste à la muqueuse utérine. Nous pouvons dire dès maintenant que celte étude sera du plus grand intérêt, car elle nous montrera, dans l’évolution du placenta de la Taupe, des formes de transition entre ce que nous connaissons chez les Rongeurs, les Carnassiers et les Chéiroptères, et ce que nous aurons à étudier et avons déjà indiqué en passant, à plusieurs reprises, pour le placenta des Ruminants, des Solipèdes et des Pachydermes.

communication préliminaire, assez étendue, à l’Académie royale de Belgique *. L'auteur de ce travail confirme les dernières conclusions de Van Beneden sur l'origine du placenta fœtal; toutes les descriptions qu'il donne se trouvent concorder fort exactement avec les nôtres, et pourraient être suivies avec nos planches sous les yeux. Nous avons plaisir à reproduire notamment deux de ses passages. |

Le premier se rapporte à l'extension (épaississement) de l’ectoplacenta (couche plasmodiale) dans la muqueuse utérine. « Cet envahissement du derme par le plasmodium s'accompagne, dit Nolf (op. cit., p. 214), du refoulement complet de toutes les cellules du derme, à l'exception des vaisseaux, qui restent en place et qui se trouvent englobés par le plasmodiblaste. Il se produit là, sous l'influence de la poussée plasmodiale, une dissociation parfaite des éléments d’un tissu, telle que la dissection la plus savante ne saurait la réaliser. Cet envahissement se produit sur toute l'étendue de la surface du placenta d’une manière uniforme, de facon que le plasmodiblaste présente toujours une surface externe lisse, en rapport avec le tissu paraplacentaire refoulé. — Les vaisseaux englobés en premier lieu sont les branches artérielles? qui, au stade didermique, étaient étroitement appliquées sur le plasmodium. Elles se présentent actuellement dans la partie la plus profonde du plasmodiblaste sous la forme de lacunes circonscrites par l’endothélium vasculaire et entourées de toutes parts par le plasmodium fœtal. Puis, peu à peu, le plasmodiblaste, gagnant toujours en épaisseur, a englobé les branches de diamètre moins considérable, qui réunissent radiairement les capillaires artériels profonds aux veines plus superficielles. Et il se trouve bientôt que, tandis qu’au stade didermique la surface externe du plasmodiblaste répondait aux branches artérielles du réseau, maintenant ce sont au contraire les veines qui forment un réseau très compliqué appliqué contre le placenta fœtal. » (Voir nos figures 114, 122, 1%, 129.)

Le second passage se rapporte à la constitution des parois de ces vaisseaux efférents, dits veines. « Nous avons décrit les dispo-

4. P. Nolf, Étude des modifications de la muqueuse utérine pendant la gestation chez le Vespertilio murinus (Bullet. Acad. R. de Belgique, 1895, XXX, p. 206).

2, Ces vaisseaux sont des capillaires artériels ou afférents; de même que, quelques lignes plus loin, par veines il faut entendre capillaires veineux ou efférents.

sitions générales des vaisseaux; il nous reste ici à citer les modifications histologiques que leur étude apprend. Ces modifications portent sur les troncs veineux! seulement. Les artères gardent leur structure de capillaires normaux. Quant aux veines, elles présentent une prolifération de leur endothélium, qui avait débuté dans les stades antérieurs et s’accentue encore ultérieurement. Cette prolifération des cellules endothéliales veineuses est surtout développée dans les sinus veineux de la périphérie du placenta. Elle acquiert en cet endroit des proportions considérables et figure de véritables bourgeons pleins, développés sur la paroi du vaisseau. Cet épaississement des parois veineuses est énorme dans certains endroits. Il déforme complètement la paroi vasculaire, et les dimen. sions de celle-ci sont souvent plus considérables que le diamètre du vaisseau. La lumière de la veine ne semble cependant jamais obstruée. Seulement, comme ces vaisseaux veineux décrivent, par suite de la prolifération de leurs éléments, un trajet très irrégulier, rendu plus irrégulier encore par le fait que la prolifération se fait très diversement, suivant les endroits, au point de produire par places de véritables bourgeons latéraux pleins, il est clair qu'une coupe faite dans n'importe quelle direction intéressera les vaisseaux non seulement au niveau de leur lumière, mais pourra couper ces bourgeons, qui donneront alors l’illusion d’une veine dont la cavité est bouchée. Ces parois bourgeonnantes sont souvent au contact immédiat l’une de l’autre. Il est probable que, par places, s'opèrent des fusions entre bourgeons voisins qui se creuseront plus tard... Une autre constatation digne de remarque, c’est que l’épaississement des parois veineuses est surtout accentué du côté du vaisseau opposé à la surface placentaire; la paroi veineuse accolée au plasmodiblaste le présente à un degré beaucoup moindre.

« Si l’on étudie la constitution de ces parois, on les voit formées par des cellules assez volumineuses, de forme irrégulière, qui s'imbriquent les unes dans les autres... Certaines parois veineuses sont constituées uniquement par des cellules qui dérivent directement de l’endothélium veineux préexistant et non de l'apposition de cellules du derme ambiant. » (Op. cit., p. 221.)

1. Mème remarque que ci-dessus, c’est-à-dire par froncs veineux, troncs artériels, entendre larges capillaires afférents et larges capillaires efférents.

3 Description des pièces qui se rapportent au présent chapitre.

Dans les paragraphes précédents, nous avons traité de la formation du plasmode ectoplacentaire pendant la période dite de fermeture de l'amnios et d'apparition de l’allantoïde. C’est que, nous l'avons dit, cette formation du plasmode pouvait être étudiée sans une sériation minutieuse des pièces. Mais pour examiner maintenant l'achèvement de l’amnios et le développement de l’allantoïde, il nous faut suivre ces processus, et quelques autres (état de l'utérus, dispositions de l'ensemble de lœuf, constitution de l'embryon, etc.), en les décrivant successivement sur des pièces bien rigoureusement sériées. Puis, mis en possession des faits, nous les examinerons dans une vue d’ensemble, ainsi que nous avons procédé pour la masse amniotique, sa dislocation et son creusement.

Les pièces que nous avons à décrire et à figurer ici sont au nombre de 9, d'origines assez variées, mais toutes récoltées du 25 avril au 10 mai.

I — La première pièce (pièce m) est d’un lot dont nous avons négligé de noter l'origine et la date précise de récolte. La pièce a été débitée en coupes parallèles à l’axe transversal de l’ensemble des deux cornes utérines, c’est-à-dire en coupes longitudinales, et de ces coupes nous avons reproduit celles des figures 98, 99, 100, 101 et 102 (pl. IV). La figure 99, relative à la formation du plasmode ectoplacentaire, a déjà été étudiée dans le paragraphe précédent. La figure 98 nous donne, à un grossissement de neuf fois, l’ensemble de l'utérus, de ses annexes, et de l’œuf contenu dans la corne droite. On voit que le corps jaune est dans l'ovaire droit. En comparant cette figure à la figure 79 (pl. HT), qui est au même grossissement, on voit que l'utérus n’a que peu augmenté de volume; mais ce qui a très remarquablement grandi, c’est la cavité qui renferme l'œuf; elle s’est graduellement dilatée, aux dépens des parois utérines primitivement très épaisses, et dont l'épaisseur à diminué en proportion. Nous pouvons dire que ce processus continuera par la suite, de sorte que l’amincissement des parois de l'utérus est en rapport avec l'état plus avancé de développement de l’œuf, et que pendant longtemps le volume extérieur de la pièce est peu modifié, ce qui ne permet pas de juger au premier coup d'œil si un utérus est plus ou moins loin du début de la gestation.

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