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LÉGISLATION DE L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE

tude du clergé. Qu'on lise la circulaire adressée aux recteurs par le Conseil royal de l'instruction publique à la suite de l'inspection générale de 1822, et l'on sera très étonné de constater que le Conseil royal se plaignait du mauvais vouloir des ecclésiastiques, presque aussi vivement que pourrait le faire parfois de nos jours l'administration de l'enseignement primaire, a Souvent les curés font de l'opposition aux écoles. » — « Les écoles mutuelles sont l'objet d'une forte opposition, surtout de la part du clergé qui les redoute. » Aujourd'hui, c'est l'école laïque; c'était alors l'école mutuelle; c'est toujours l'école, que le parti clérical combat et ne peut supporter. Et cependant, sous la Restauration, l'école n'avait rien qui dût porter ombrage à la religion. L'instituteur n'était admis aux examens du brevet, il n'était installé dans ses fonctions, que s'il possédait un certificat du curé de sa commune. L'enseignement était soumis à la surveillance directe du clergé. Mais, comme le disait, quelques années auparavant, Destutt de Tracy, « les prêtres sont toujours fort jaloux de ce qu'ils ne font pas eux-mêmes ».

Un autre trait intéressant de la situation scolaire de ce temps-là, c'est l'optimisme facile et le contentement un peu naïf que manifestaient les autorités dirigeantes. Le Conseil royal déclare, en 1822, que,

« dans certaines académies tout au moins, l'instruction primaire marche sensiblement vers la perfection ». On se contentait alors à peu de frais, n'ayant pas de grandes ambitions. L'idéal poursuivi était si mesquin que l'on saluait le plus mince résultat comme une merveille. On mettait presque de l'enthousiasme à constater que les instituteurs <c s'étaient fortifiés sur l'orthographe, et qu'ils lisaient pour leur propre compte de bons ouvrages, comme le Catéchisme historique de Fleury ».

Et cependant la réalité des choses était déplorable. Quoiqu'il y eût peu d'écoles, en maint endroit on manquait d'instituteurs. Les comités cantonaux, ces fameux comités auxquels les adversaires de notre système d'instruction nationale proposaient dans ces dernières années de restituer l'administration des écoles, ne se signalaient que par leur négligence et leur indifférence. Pour qu'un instituteur pût recevoir un élève non catholique, il fallait un tas de formalités et une autorisation spéciale du Conseil royal de l'instruction publique. De rares brevets de capacité étaient délivrés à des postulants mal préparés. 11 n'y avait que trois écoles normales pour toute la France, toutes les trois en Alsace et en Lorraine; cela dura jusqu'en 1828. La « première condition » qu'on exigeait des brevetés, et souvent la seule, c'était

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