‹ Études sur l'enseignement et sur l'éducationChapitre 23 sur 40 · UN DISCOURS DE M. VIETTE · texte numérisé non relu

UN DISCOURS DE M. VIETTE

flter des cérémonies officielles qu'ils président, pour critiquer, disons le mot, pour débiner, tout ce que le gouvernement lui-même soutient et entretient "avec les deniers de l'État. Je sais bien que des ministres qui ne sont pas opportunistes ne sont pas tenus de parler à propos. Des discours opportuns ne conviennent peut-être pas aux politiques de Técole ultra-radicale.... Nous n'en regrettons pas moins qu'un membre du gouvernement ait parlé sur le même ton que les écoliers paresseux qui se plaignent de ce qu'il y a de « pénible » dans le travail scolaire, et qui n'aspirent qu'après la liberté absolue des vacances.

MM. Viette et Lockroy sont assurément au nombre des députés et des ministres qui ont le plus d'esprit, — je ne veux faire tort à personne. Mais qu'ils prennent garde : ce n'est pas pour être spirituels tout à leur aise, pour composer, en dehors des sentiers battus, des discours amusants, qu'ils ont été appelés à siéger dans les conseils du gouvernement. Qu'ils se rappellent le vers du poète :

Quand ils ont trop d'esprit, les enfants vivent peu...

et les ministres aussi I

Au fond, c'est toujours la même inspiration politique : on annonce des réformes qu'on ne fait pas, on

bafoue des institutions qu'on n'ose pas détruire. On a pris dans le journalisme ou dans l'opposition des habitudes faciles de critique et de satire : on les continue au pouvoir. Il faudrait pourtant se décider. Si vous croyez que l'internat est un mal et qu'on peut s'en passer, supprimez-le. Si vous êtes d'avis que le baccalauréat est un fléau, faites-le au plus vite disparaître de nos règlements universitaires. Mais si votre ardeur réformatrice ne va pas au delà de quelques plaisanteries intempestives, de grâce, taisez-vous! N'allez pas vous-mêmes ameuter nos écoliers contre un régime que vous maintenez, ou discréditer dans l'esprit de nos professeurs un enseignement que vous leur imposez. Vous n'avez pas été appelés au gouvernement du pays pour écrire des satires, mais pour agir et réformer, s'il y a lieu.

UN RHÉTORIGIKN DE 4815

Mme Charles Garnier, mue par un sentiment de piété filiale, a eu l'heureuse idée, dont la remercieront tous les amateurs de « documents humains », de publier, chez Hachette, le journal intimé tenu en 1815 par son père, M. Emile Bary, alors qu'il avait seize ans et achevait sa rhétorique au lycée Napoléon *„ Nous avions déjà les cahiers du capitaine Coignet, du sergent Fricasse, du paysan anglais William Laurence : nous aurons maintenant les cahiers d'un écolier, notant au jour le jour ses impressions d'internat, ses joies et ses tristesses, ses jugements littéraires et même politiques, nous faisant pénétrer enfin dans la vie scolaire du com-

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