Les Cahiers d'un rhétoricien de 1815. Paris, Hachette
mencement de ce siècle, en même temps qu'il nous raconte en toute franchise l'éveil d'une âme honnête et distinguée.
M. Emile Bary, l'auteur de ces Mémoires de collège, est devenu, après être passé par l'École polytechnique, un des meilleurs professeurs de l'Université. Il a enseigné la physique et la chimie, au lycée Charlemagne, de 1827 à 1860. Il a laissé à tous ceux qui l'ont connu, notamment à M. Francisque Sarcey — qui a écrit en tête du livre que nous analysons une aimable préface, — le doux souvenir d'une physionomie à la fois aimable et sérieuse.
En 1815, au milieu des grands événements qui troublaient la France, le jeune Bary faisait tranquillement ses classes, non sans prêter une oreille attentive aux bruits du dehors. Il avait quelque succès, puisque, l'année suivante, il obtenait au Concours général le premier accessit de narration française, alors que Michelet remportait le premier prix et Viliemain le second. Du 11 mars au 3 juillet, lui qui de toute sa vie, semble-t-il, ne devait plus faire œuvre d'écrivain, il composait ce qu'il appelle ses petites éphëmérides, et il les écrivait avec une justesse de pensée et de langage qui fait honneur aux études de ce temps-là.
Outre l'intérêt qu'offrira aux psychologues le récit