‹ Études sur l'enseignement et sur l'éducationChapitre 30 sur 40 · ASSOCIATION POUR LA RÉFORME DES LYCÉES · texte numérisé non relu

ASSOCIATION POUR LA RÉFORME DES LYCÉES

propositions du manifeste de la première heure, il y eût quelques désillusions.

Quoi qu'il en soit, voici le plan proposé. Il y aurait désormais deux degrés dans l'enseignement secondaire. Le premier degré comprendrait tous les élèves et les retiendrait jusqu'à treize ou quatorze ans; voici comment on le définit :

« Il est nécessaire de donner à tous indistinctement, pendant plusieurs années, à l'aide du français et d'une ou deux langues vivantes, une même culture générale, destinée tout ensemble à développer les facultés, à en assurer l'équilibre et à jeter les bases du savoir qui convient au citoyen moderne : instruction morale et civique, histoire, géographie, premiers éléments des sciences. »

A cet enseignement secondaire général, qui, au fond, ne serait qu'un enseignement primaire supérieur, on superposerait divers enseignements secondaires spéciaux, français, gréco-latin, selon les aptitudes et les besoins. On apprendrait désormais les langues classiques en trois ou quatre ans, par des moyens expéditifs. Tout irait à souhait : il n'y aurait plus de non- valeurs dans les lycées, ni de déclassés dans la société!...

J'admire avec quelle ingénuité nos réformateurs s'imaginent qu'ils vont faire disparaître du coup,

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par le miracle de ce qu'ils appellent une répartition plus raisonnable des études, d'une part les mauvais élèves, de l'autre la tourbe des solliciteurs, des mécontents, des déclassés.... Mais, bonnes gens, quoi que vous fassiez, il y aura toujours des cancres dans les classes et des ratés dans le monde : à moins que vous ne preniez un parti héroïque, celui de fermer toutes les écoles, de quelque degré qu'elles soient, et de revenir au bon temps où l'instruction était le privilège d'une toute petite élite. Si les collèges et les lycées font des déclassés, je soupçonne que les écoles primaires supérieures en fabriquent aussi quelques-uns*

Mais ce qui est l'erreur fondamentale de la nouvelle école d'éducation, c'est de croire qu'on puisse maintenir sérieusement la culture classique, telle que l'assure seul un long contact avec les auteurs de l'antiquité, en faisant aux lettres grecques et latines la portion congrue, en les rejetant à la fin des études dans un compartiment spécial. On nous pardonnera notre franchise : mais un système d'instruction secondaire est jugé à nos yeux, quand il parle d'arriver à ses fins par « des moyens expéditifs ». Il vaudrait mieux renoncer tout à fait aux études classiques que les mutiler, les amoindrir, les rendre inutiles et sans portée, en ne les admettant que sur

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