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ASSOCIATION POUR LA RÉFORME DES LYCÉES

le tard, pour les écoliers de quatorze ou quinze ans, qui auront consacré à de tout autres objets leurs premières années, les plus souples et les plus fécondes. La culture classique doit être commencée de bonne heure, ou bien ce n'est pas la peine de l'essayer. Proscrivez-la impitoyablement, ou bien résignez-vous à y. consacrer beaucoup de temps.

L'Association nationale serait mieux inspirée si, au lieu de prétendre à un bouleversement complet, elle se bornait à chercher les moyens d'améliorer ce qui existe. L'éducation moderne, qui est sa devise/ n'est-elle pas déjà constituée, au moins à l'état de projet , dans l'enseignement secondaire spécial ? Qu'on développe cet enseignement, qu'on l'organise de plus en plus, qu'on y assure un meilleur recrutement des élèves, qu'on lui consacre des établissements distincts! Rien de mieux, rien de plus désirable. Il y a, dans les cadres de notre système actuel, de quoi largement occuper l'esprit de réforme. Mais, de grâce, qu'on n'aille point remettre tout en question, sur la foi d'une pédagogie utilitaire et positive qui, si elle venait à triompher, réserverait à ses partisans eux-mêmes bien des déceptions, et, en ruinant les études classiques, nous préparerait pour l'avenir, suivant les fortes expressions de Paul Bert, « une nation de contremaîtres ».

« l'union universitaire »

Journaux, brochures, livres, lettres ouvertes au Ministre de l'instruction publique, les consultations de toute espèce se multiplient autour de l'enseignement secondaire. Si nos lycées et nos collèges ne guérissent pas des maux dont on dit qu'ils sont atteints, ce ne sera pas faute de médecins ni d'ordonnances.

Voici d'abord un livre de M. Edouard Petit, Alentour de V école, avec une préface de M. Jules Simon, recueil de chroniques sémillantes et spirituelles, où l'auteur, qui s'y entend, puisqu'il est professeur, dit vertement leur fait aux vieux us universitaires '.

Voici encore une brochure, la Réforme de Vensei-

1. Alentour de Vécole^ par M. É. Petit; 1' vol. in-i8, Parie, M. Dreyfous, 1890.

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gnement secondaire *, toujours avec une préface de M. Jules Simon, où M. Ferdinand Real, rédacteur en chef de l'Indépendant rémois, recommande au Ministre, entre autres réformes, la substitution des cours facultatifs aux classes régulières et obligatoires, et la suppression du baccalauréat.

D'autre part, YAssociation nationale pour la réforme de Venseignement secondaire vient de faire paraître son premier bulletin. Son but, nous l'avons dit, est d'obtenir que, jusqu'à l'âge de quatorze ou quinze ans, les élèves de l'enseignement moyen soient uniformément soumis à un régime d'études exclusivement modernes, les langues mortes devant être réservées, dans un degré supérieur , à un petit nombre d'élèves . Nous nous sommes déjà expliqué sur ce système. C'est toujours M. le député Georges Berger qui est le président de ce brillant troupeau de réformateurs. Notons cependant que quelques noms significatifs, ceux de M. Burdeau, par exemple, et de M. Foncin, ne figurent plus dans la liste des membres du conseil d'administration.

Nous augurons mieux, nous attendons davantage d'un journal qui ne se pique pas, lui, de révolu-

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