MARIAGE DE DON FRANCISCO
fours et une auberge pour les passants, eapta les eaux de la contrée et les distribua de façon à les mieux utiliser, créa foires et marchés, développa en un mot par tous les moyens la production du comté. Le bon exemple qu'il donna fut suivi plus tard par son petit-fils.
Don Francisco n'oublia pas non plus sa famille. Justement fier du nom qu'il portait et désireux de perpétuer le souvenir d'une maison qu'il avait tant contribué à grandir, il en fit écrire l'histoire par le plus savant et intègre généalogiste de l'époque, D. Luis de Salazar y Castro. Cette histoire, dédiée au fils aîné du comte et ornée d'un beau frontispice de l'habile graveur flamand Grégoire Fosman, passe, au dire des experts, pour l'une des meilleures généalogies de maisons particulières qui aient été publiées en Espagne \
En 1676, Fernan Nufiez avait épousé D* Catalina Zapata de Mendoza, Silva y Guzman, fille du troisième comte de Barajas et nièce du huitième duc de l'Infantado. Leur union ne fut point de longue durée; la jeune femme, âgée de vingt- deux ans, mourut de suites de couches en 1681, presque sous les yeux de M'"* de Villars qui fréquentait beaucoup dans la maison du comte, ami si décidé de la France et des représentants de son roi"^. Cette première alliance, quoique rompue de bonne heure, en prépara une
1. C'est le Catdlogo cité ci-dessus, p. 15. Il est dédié à D. Pedro Gutierrez de Los Rios, fils aîné de Don Francisco.
2. Lettres de M^*> de Villars à M'^c de Coiilangcs, éd. A. de Courtois, Paris, 1868, p. 166.
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autre, fort honorable aussi, qui eut lieu plus tard, et consacra l'admission des Fernan Nufiez dans la haute aristocratie castillane ; nous entendons parler du mariage de la fille du comte, Marie-Thérèse de Los Rios, avec le dixième duc de l'Infantado, D. Juan de Dios Silva y Mendoza. Dès lors, il ne manque plus aux Fernan Nufiez que la Grandesse, distinction suprême qui fut enfin concédée, en 1728, au quatrième représentant du titre, D. Pedro Gutierrez de Los Rios, marin comme son père et qui mourut sans succession, à Cadix, le 10 février 1734, laissant à son frère cadet, Don José, l'héritage du titre et du majorât de Fernan Nunez.
Non moins loyal serviteur des Bourbons, Don José, cinquième comte de Fernan Nunez, élevé dès 1706 au grade de général des galères, se rapprocha encore plus de la France par son mariage avec Marie Armande de Rohan Chabot, fille de Louis Bretagne Alain de Rohan Chabot, duc de Rohan et prince de Léon, qu'il épousa en 1739. Il en eut deux enfants: Don Carlos, notre Fernan Nunez, un des héros de cette histoire, et D^ Escolâstica, qui devint duchesse de Béjar. Il mourut en 1749, de chagrin, dit son fils, d'avoir vu sa charge de général des galères supprimée par les réformes du marquis de La Ensenada. Veuve, la comtesse de Fernan Nunez, née Rohan, ne survécut qu'un an à peine à son mari ; ses enfants, tous deux en bas âge, l'aîné n'ayant que huit ans, furent recueillis par le roi Ferdinand VI qui leur choisit un tuteur et présida à leur éducation. Don Carlos a lui-même raconté avec précision ses années
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de jeunesse et ses débuts dans la carrière militaire. Laissons-lui la parole :
H Je demeurai orphelin de père et de mère à ï'd^e de huit ans. en iTT)!)'. Ma mère avait disposé dans son testament qu'on me conduirait à Paris, au collège Louis le Grand, où elle désirait que je fusse élevé sous la tutelle de mon oncle et de son frère, le duc de Rohan Chabot. Mais le roi Ferdinand VI s'opposa à l'exécution de cette volonté, et, nous prenant ma sœur et moi sous sa protection, confia le soin de nos personnes au duc de Béjar, mari de la princesse Léopoldine de Lorraine, notre tante maternelle, et donna la tutelle de mes biens à D. Francisco Gepeda du Conseil Royal. Pour permettre à ce conseiller de procéder à leur dégrèvement, il fit entrer ma sœur au couvent royal de la Visitation, à Madrid, et moi au séminaire royal des nobles, moyennant une pension de huit cents ducats pour moi, de quatre cents pour ma sœur, sommes que les supérieurs de ces établissements jugèrent suffisantes et que le roi paya sur sa cassette. Ainsi élevé aux frais de Sa Majesté Ferdinand VI, le 18 avril 1758 je fus nommé enseigne aux Gardes Royales Espagnoles, oîi j'étais entré comme cadet le 18 mars 1752. Mon premier service d'enseigne fut de monter la garde à Aranjuez, avec ma compagnie, qui était celle du marquis de Rosalmonte, et là j'eus la douleur de voir mourir, le 28 août *, la reine Barbe, épouse du Roi, qui, accablé de douleur, se retira au château de Villaviciosa, où il finit ses jours, après onze mois d'une cruelle maladie, le 10 août 1759.
Privé des deux souverains qui m'avaient tenu lieu de parents, il ne me resta que le regret de n'avoir pu, par mes services, leur prouver ma reconnaissance. Mais leur