‹ Études sur l'Espagne (volume 2)Chapitre 147 sur 190 · Afï. Etr. ; Espagne, vol. 630, fol · texte numérisé non relu

Afï. Etr. ; Espagne, vol. 630, fol

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et jugèrent, au dire du chargé d'affaires de France, que Fernan Nunez avait rendu un grand service à son pays en îijiportant ces changements au premier texte de hi déclaration V Néanmoins l'opinion de Floridablanca prévakit et le rappel de l'anibassadeur fut décidé en principe dès la fin de juillet. A Paris, l'on s'attendait à le voir partir d'un moment à l'autre ; certaines correspondances annoncent même sa disgrâce qu'elles attribuent à l'attachement de Fernan Nunez au « système des économistes" ». Mais ce grief, à supposer qu'il fût fondé, n'avait pas d'importance alors, car ce qui inquiétait Charles IV et son premier ministre, ce n'étaient pas les opinions plus ou moins avancées de Fernan Nunez, c'était uniquement son attitude en tant qu'ambassadeur.

En tout cas, la conduite de Fernan Nuiîez était condamnée, et Floridablanca, qui voyait dans le comte, sinon un ennemi personnel, tout au moins le représentant influent d'un parti politique hostile au sien, n'attendait plus que la goutte qui ferait déborder le vase, un prétexte quelconque qui lui permettrait de faire signer au Roi ce rappel jugé indispensable. Le prétexte se trouva facilement à quelque temps (le l;i. Le 1 i septembre 1791, Fernan Nuùez commit Timprudence d'assister officiellement à la séance de l'Assemblée Nationale où Louis XVI prêta serment ;i la Constitution ; de cette façon, il com-

1. UrLubisc à .Montmorin, 28juillct 1791 (Afl'.Etr.; Espagne, vol. 630. fol. 417 vo).

2. De Lescure, Correspondance secrète, t. II, p. 542 ; 13 août 1791.

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promettait son gouvernement, le rendait pour ainsi dire complice d'un acte tenu par Floridablanca et son maître pour une véritable abdication de l'autorité royale \ Il n'en fallait pas davantage. Aussi, malgré le désir exprimé par Louis XVI qu'on laissât auprès de sa personne Fernan Nunez dont l'appui pouvait lui être utile dans ces graves circonstances, Floridablanca obtint ce qu'il désirait. Il triompha des derniers scrupules de Charles IV, qui s'était laissé ébranler un peu par la demande de son cousin, et réussit à lui faire signer, avant la fin de septembre, l'ordre qui prescrivait à son ambassadeur de quitter le territoire de la France et de laisser la gérance de l'ambassade au secrétaire. D. Domingo de îriarte.

Soit qu'il ne tînt pas à rentrer en Espagne où il pouvait s'attendre à être froidement accueilli, soit que, d'accord avec sa cour, il ne voulût pas s'éloigner beaucoup de Paris, afin d'y reprendre, le cas échéant, ses fonctions, Fernan Nunez fit connaître à Montmorin qu'il se proposait de se rendre à Nice, où s'était alors réfugié son oncle de Rohan. Un passeport pour cette destination lui avait été en effet délivré dès le 16 septembre 1791*. Mais, comme nous l'apprend son intendant et homme d'affaires, le sieur Alexandre Le Cointre, que la Convention arrêta au mois d'avril 1793, Fernan Nunez, au lieu de prendre la route d'Italie, se rendit directement en Belgique, sous pré-

1. H. Baumgarten, Geschichte Spaniens zur Zeit der franzôsischen Révolution, p. 333.

2. Lettre de Le Brun au ministre de l'Intérieur Roland, 24 décembre 1792 (Afl. Etr.; Espagne, voL 634, pièce 166).

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