‹ Études sur l'Espagne (volume 2)Chapitre 164 sur 190 · PAPIERS DE SALM ET DE FERNAN NUNEZ · texte numérisé non relu

PAPIERS DE SALM ET DE FERNAN NUNEZ

Les papiers du prince Emmanuel de Salm Salm ont eu la fortune de tous les biens d'émigrés, ils ont été saisis et versés d'abord dans des dépôts provisoires, puis dans des bibliothèques et archives de Paris : nous avons vu, en effet, que Salm, quoique prince allemand, fut traité comme émigré et sa propriété privée soumise à la séquestration décrétée contre les biens des citoyens français ayant quitté leur pays. Quant à Fernan Nunez, rien ne prouve que ce qu'il possédait en France n'ait pas été rendu, après la paix du 22 juillet 1795, à ses héritiers; en tout cas les quelques manuscrits du comte qui sont restés en France proviennent, non pas des saisies faites dans son hôtel à Paris ou à Louvain, mais évidemment des liasses recueillies chez Salm à qui le comte avait ou prêté ou donné ces manuscrits.

De passages déjà cités de la correspondance de Salm résulte que ses « pauvres livres », ses papiers et ses meubles furent séquestrés en 1792. Les livres, on les porta au dépôt de la rue de Lille, et Ton en dressa trois ans plus tard un inventaire détaillé que nous possédons encore : « Description des livres trouvés dans la

maison deCicé*, émigré, occupée par feu Bernard et Salm, émigrés. Commissaires : Verrier, du bureau du « domaine ; Joseph-Balthazar Vuez et P. Piat, commiss. « ad hoc de la section du bonnet de la liberté, le 27 prai- « rial an III ^. » Cette collection, composée de deux à troifi mille bons livres de littérature espagnole, française et allemande, d'ouvrages relatifs à l'art militaire et de quelques manuscrits, représentait une véritable valeur. L'on conçoit qu'elle ait paru bonne à prendre, et l'on s'explique non moins bien que Salm ait beaucoup insisté pour la récupérer. Onze ans après l'événement, il réclamait encore ses livres, qui, si l'on en juge par cette lettre du ministre de l'Intérieur Portalis à d'Aigrefeuille, administrateur des dépôts littéraires, furent peut-être, en tout ou en partie, rendus au prince injustement dépossédé : « Je vous invite. Monsieur, à « vouloir bien faire rechercher dans les dépôts littéraires « les livres que le prince Emmanuel de Salm Salm « réclame comme sa propriété. Vous voudrez bien « m'adresser la note de ceux que vous aurez retrouvés.»^

Mais si l'on rendit les livres, — et cela même n'est pas sûr — l'on garda les papiers qui se trouvent aujourd'hui, soit à la Bibliothèque Nationale, soit aux Archives Nationales.

La part attribuée à la Bibliothèque, après être longtemps demeurée dans les Résidas^ a été il y a quelques années classée dans le fonds des manuscrits espagnols. Elle comprend, sous les numéros 405 à 407 *" de ce fonds, les archives du régiment d'infanterie de Brabant, de 1759 environ à 1775, puis des lettres adressées au

1. Le garde des sceaux, plus tard archevêque d'Aix, Jérôme-Marie Champion de Cicé.

2. Bibliothèque de l'Arsenal, Archives des dépôts littéraires, t. X, fol. 85 à 110.

3. Paris, 7 fructidor an XII (Bibl. de l'Arsenal, Archives des dépôts littéraires, t. XII, fol. 284).

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