‹ Études sur l'Espagne (volume 3)Chapitre 122 sur 206 · ARTISTES FLAMANDS · texte numérisé non relu

ARTISTES FLAMANDS

triche, vous avez continué, officiers et soldats, à servir et à combattre, non sans gloire, dans les armées espagnoles : Thistoire des gardes wallones, des régiments d'infanterie wallone créés par Philippe V et de la compagnie flamande des gardes du corps est là qui le prouve. Et que dire de vos artistes, qui, après les Italiens, furent les plus ingénieux inspirateurs de l'art péninsulaire ? De vos tapissiers, qui portèrent en Espagne, comme ils l'avaient porté ailleurs, leur virtuosité incomparable ; de vos chanteurs, qui peuplèrent la chapelle royale de Madrid, cette chapelle dont un des vôtres a pu écrire : « L'on sçait quelle musique (( il s'y fait, combien elle y est pleine et accom- (( plie, les chantres y estans en grand nombre, (( et, pour la meilleure partie, les plus excellens des « provinces wallonnes, qui surpassent tous autres (( en ceste louange^ ». Que dire surtout de vos peintres, de votre Rubens ou de votre Téniers, dont les chefs-d'œuvre, si recherchés par les rois et les grands seigneurs de l'Espagne, si admirés et imités par ses artistes, forment aujourd'hui encore un des plus beaux ornements du grand musée de Madrid ?

1. Ph. de Caverel, Ambassade en Espagne et en Portugal (en 1582) de Jean Sarrazin, Arras, 1860, p. 235.

Vos savants ont travaillé tout autant à la commune gloire de l'Espagne et des Flandres. Les Espagnols n'ignorent pas que deux des vôtres, érudits modestes et laborieux, Valère André et André Schott, ont créé la bibliographie de leurs écrivains, que celui-ci a, pour la première fois, réuni en un corps les œuvres des plus notables historiens péninsulaires et posé ainsi les fondements d'une étude critique de l'histoire d'Espagne ; ils n'ignorent pas que des presses de votre Plantin sont sortis et la Bible polyglotte publiée sous les auspices d'Arias Montano et les Chroniques d'Espagne de Garibay et tant d'autres livres dus à des savants espagnols, qui ne trouvaient pas dans leur pays d'imprimeurs assez experts ni assez bien outillés pour conduire à bonne fin de longs travaux d'érudition.

Dans l'ordre politique, que de secours n'avez-vous pas aussi fournis à la branche espagnole de la maison d'Autriche ! Des ministres prudents et perspicaces, mieux instruits que ne pouvaient l'être des péninsulaires des intérêts des princes de l'Europe et des questions religieuses ou sociales qui troublèrent tant d'états ; des magistrats ou des conseillers, rompus aux affaires de la justice et de l'administration, les ayant apprises par le menu dans

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