‹ Études sur l'Espagne (volume 3)Chapitre 144 sur 206 · ÉDUCATION FLAMANDE · texte numérisé non relu

ÉDUCATION FLAMANDE

agréfiblement qui leur font faire aussi de mélancoliques retours sur eux-mêmes! L'amour de l'instruction d'abord qui incite les Flamands, même de condition à peine moyenne, à apprendre, outre les deux langues parlées aux Pays-Bas, celles des pays avoisinants ou encore des pays avec lesquels ils entretiennent des relations, qui leur ouvre et leur éclaire Tesprit, leur suggère cet excellent système d'éducation consistant à envoyer de bonne heure les enfants hors de la maison paternelle, à les échanger avec des enfants d'autres provinces afin de hâter leur développement, tout en conservant aux uns et aux autres le bénéfice d'une éducation familiale.

En second lieu, Tesprit d'association, qui suppose à la fois chez Tindividu l'initiative, le besoin d'une règle, le respect de la volonté d'autrui. Energiques et initiatifs, les Espagnols l'étaient certes encore au xvi° siècle, mais ils l'étaient d'une façon plus aventureuse et désordonnée ; ils Tétaient souvent aux dépens de la tranquillité publique et de la moralité. Ce qu'ils estiment donc particulièment dans vos confréries militaires ou vos associations civiles, c'est la belle entente qui y règne entre tous leurs membres, la régularité des délibérations, la superbe ordonnance

des fêtes. Avec un enthousiasme qui ne se contient pas, ils racontent et peignent le tir à l'oiseau, jugeant avec raison qu'un tel exercice, devenu peu à peu une institution nationale, a une importance exceptionnelle. Ils voudraient le voir imité en Espagne. « C'est à « ces exercices, auxquels ils sont accoutumés « depuis si longtemps, que les Flamands «doivent d'être de si grands soldats et si « habiles au maniement des armes. »

L'ordre, le bon sens pratique, le sentiment de la responsabilité n'existent pas que dans ces associations. Ces principes régissent et l'économie domestique et l'administration des villes. La propreté des maisons, leur aménagement commode et confortable ; la sécurité de ces demeures assurée, contre les accidents, par d'intelligentes précautions, contre les voleurs, par des veilleurs de nuit qui font la ronde et crient les heures ; la solide organisation de la police et les règlements concernant la mendicité: tout cela, ces derniers points surtout, causaient l'étonnement des Espagnols qui se souvenaient de leur pays infesté de malandrins et de loqueteux, de leurs demeures si pauvrement agencées et de leur déplorable administration urbaine.

Ils n'étaient pas moins frappés par l'activité

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