Los melindres de Belisa, acte II, se
nobles, qui venaient, pour employer l'expression consacrée, « mettre une pique en Flandre » ? Ils étaient souvent bien beaux, ces Espagnols, et se présentaient sous des dehors assez séduisants avec leurs chapeaux noirs couverts de plumes éclatantes, leurs larges collets ornés des dentelles les plus fines de votre pays, leurs bas de couleur retenus par des jarretières d'or, leurs bottes ou leurs souliers blancs, leurs chausses et leurs pourpoints brodés et passementés, leurs cuirasses gravées de Milan ou leurs armures de trophées d'Anvers, bref, avec tout cet attirail, à la fois militaire et galant, qu'on désigne en Espagne sous le nom approprié de galas de soldado . Quand bien même vos belles Flamandes se seraient, de temps à autre, laissé attendrir par cette pimpante soldatesque et auraient témoigné leuradmiration par quelques marques de faveur un peu vives, quel mal à cela et qui serait assez sot pour y trouver à redire? Honni soit qui mal y pense!
Au surplus, les Flamands n'avaient pas le monopole des embrassades. En France aussi l'on s'embrassait tout autant que chez vous. La paix de France, comme disaient les Espagnols, ou le baiser sur la joue, se pratiquait couramment. Lorsque la princesse Jeanne, en