CONFESSEURS ET PARASITES
u sans avoir vu plus de monde que n'en con- (( tiennent vingt ou trente lieues, pensent qu'il (( suffît de s'introduire dans les maisons des (( grands pour trancher de tout, ))etc^ L'homme d'épée reparait ici. Cervantes, comme la plupart des écrivains d'alors, avait dû chercher un appui auprès des puissants et s'abriter à leur ombre, aussi ne peut-il contenir sa colère à Taspect de ces échappés de collège, de ces séminaristes présomptueux et pédants, que leur éducation et leur ignorance de la vie rendent si impropres au rôle qu'on leur donne à tenir. Il se demande pourquoi de tels emplois sont confiés à de telles gens, quand il serait si facile d'en pourvoir des laïques, des hommes ayant acquis l'expérience des choses, frayé longtemps avec leurs semblables, vu des pays étrangers, combattu et souffert, des hommes comme lui-même, enfin ! Ceux-là seraient capables de conseiller le grand, de le rapprocher des faibles et des humbles et de le diriger dans l'administration judicieuse de son pouvoir et de sa fortune. Possible que cette verte réprimande ait été dictée à Cervantes par quelque ressentiment personnel, possible qu'il ait visé quelque ecclésiastique